Lille: un bar contraint de fermer à 22h pendant six mois, le gérant dénonce un "acharnement"

Six mois de fermeture à 22 heures. C'est la mesure que doit respecter le bar-restaurant "La Petite Cantoche", dans le centre-ville de Lille. L'établissement, ouvert depuis un an, a déjà fait l'objet de plusieurs contraventions à cause du bruit persistant provoqué par les clients en terrasse.
Mais pour le propriétaire du bar-restaurant, également à la tête de l'établissement voisin "L'Urban Bar", cette sanction résulte d'un acharnement des riverains.
"Il y a des années déjà que les voisins de 'l’Urban' (arrivés après l’installation du bar) réclament sa fermeture. Maintenant c’est au tour de 'La Petite Cantoche' de faire les frais de l’acharnement des résidents", détaille la direction sur le compte Facebook de l'Urban Bar.
"A plusieurs reprises on a reçu des contraventions alors qu'on n'était même pas ouvert", précise Hichem Ben Nasr, co-gérant de l'Urban Bar au micro de BFM Lille.
Il assure que la police municipale "a des directives" et que son établissement est menacé car "marqué au fer rouge".
Des solutions insuffisantes
Hichem Ben Nasr indique par ailleurs avoir déjà fait tout ce qui était en son pouvoir pour limiter le bruit. "Dès qu'il y a des éclats de voix, on remet à l'ordre les clients. Il y a des affichages partout pour que la clientèle soit vigilante auprès des voisins, on n'accepte pas de soirée étudiante (...) C'est le maximum que l'on puisse faire", développe le gérant.
"Je ne peux plus continuer à travailler comme ça", poursuit-il. "On n'en peut plus, et les salariés non plus n'en peuvent plus, de travailler dans ces conditions-là. C'est compliqué, j'ai essayé par tous les moyens de trouver des solutions, ça n'existe pas, il n'y en a pas", conclut-il.
Une sanction inédite pour la ville
De son côté, la mairie assure avoir suivi les décisions de la justice. "Le 10 juin, la ville a pris un arrêté municipal fixant à 22 heures, chaque jour, l’heure de fermeture de "La Petite Cantoche. Le propriétaire a demandé la suspension de l’arrêté devant le tribunal administratif, mais a été débouté le 20 juillet", rappelle La Voix du Nord.
"Force est de constater que les choses ont été faites en bonne et due forme étant donné que le tribunal administratif a statué en notre faveur quand l'établissement a attaqué notre décision", retrace Arnaud Taisne, adjoint à la vie nocturne à la mairie de Lille sur l'antenne de BFM Lille.
L'élu rappelle que la ville doit "faire appliquer le cadre réglementaire" car elle "est redevable devant les citoyens". Il espère néanmoins que le propriétaire trouvera une solution à l'avenir. "Ce n'est pas de gaieté de cœur que des décisions comme celles-ci sont prises", rappelle l'adjoint.
Le gérant de l'Urban souhaite désormais trouver "une solution à l'amiable avec les voisins et la mairie (...) pour éviter tous ces contrôles quasi-quotidiens". Mais si la situation n'évolue pas, l'établissement craint une fermeture définitive dans les prochains mois.













