"Je ne dors plus": le Cheval Blanc à Lille menacé de fermeture en raison d'importants impayés

Depuis deux semaines, le Cheval Blanc dans le quartier de Wazemmes à Lille vit avec une épée de Damoclès au-dessus de la tête. Le tribunal de commerce a placé ce bar dansant en redressement judiciaire.
140.000 euros réclamés par l'Urssaf
L'Urssaf, l'organisme qui recouvre notamment les cotisations de sécurité sociale des entreprises, réclame 140.000 euros au restaurant et débit de boissons à rembourser dans un délai d'un an et demi. Cette somme conséquente correspond à des cotisations patronales accumulées depuis la crise épidémique en 2020.
Ce dimanche 16 février, jour d'affluence habituelle, Monique, la gérante tâchait de faire bonne figure en cuisine. "La bonne nourriture de chez mamie, c'est carbonnade et rôti de porc au maroilles", annonçait-elle en touillant une imposante marmite.
Mais derrière cette apparente bonhomie, la restauratrice camoufle sa détresse. "Je me sens fébrile, je ne dors plus, je pleure le matin et le soir mais devant les clients, il faut être très bien, je regrette parce que je suis responsable, j'ai fait l'autruche", confie-t-elle au micro de BFM Grand Lille.
L'inventaire du célèbre établissement aura lieu mercredi tandis que le 26 mars, une audience déterminante est fixée pour examiner la requête de Monique défendue par un avocat. Ensemble, ils vont négocier un étalement du remboursement sur plusieurs années. Pour le comptable de la restauratrice, il faudrait au moins six ans pour épurer la dette grâce à des paiements mensuels raisonnables.
Soutiens multiples
Une cagnotte, des ventes de t-shirt et des soirées de soutien ont été lancées pour récolter des fonds et témoigner sa solidarité avec Monique qui a même reçu le soutien de la députée du Nord et conseillère municipale d'opposition, Violette Spillebout.
Plusieurs habitués du bar nous ont partagé leur crainte de voir disparaître ce bar dansant de Wazemmes. "Simplement, le mot de stupéfaction", résume Jean-Baptiste, un client. "C'est malheureux pour eux je suis vraiment déçue parce que c'est un bon café avec une bonne ambiance", se désole Arlette, elle aussi cliente.
D'autres s'y remémorent des instants privilégiés comme Vincent. "J'y ai fêté mes 30 ans par exemple ici, donc c'est un lieu qui a marqué un peu la première partie de mon enfance".
Laura, cliente à l'initiative de la cagnotte lancée en soutien à l'établissement, s'inquiète de l'impact de cette situation sur Monique.
"C'est le lieu où elle vit tous les jours, le lieu où elle s'éclate avec ses clients et si on ferme, elle meurt donc il faut qu'on se batte pour que le Cheval Blanc reste ouvert pour Monique et puis pour tous les habitués qui sont là le dimanche".
Pour le moment, la cagnotte a récolté un peu plus de 3.000 euros.













