Injections illégales de botox: prison requise contre deux soeurs à Valenciennes

Des dizaines de personnes ont été mises en danger à Lille après avoir voulu se refaire une beauté. Elles ont été victimes présumées de deux jeunes femmes qui se présentaient comme des médecins et qui proposaient des injections d'acide hyaluronique et de botox à des tarifs défiant toute concurrence.
Ces dernières comparaissaient devant le tribunal correctionnel de Valenciennes (Nord) ce mercredi, notamment pour "exercice illégal de la profession de médecin", et "blanchiment aggravé".
L'aînée, âgée de 25 ans et détenue, est également poursuivie pour "mise en danger de la vie d'autrui" et "blessures involontaires".
Certaines victimes gardent encore des séquelles: abcès au menton nécessitant une opération d'urgence, éruption cutanée sévère, bouche partiellement paralysée, paupières tombantes, boules ou tâches sur les lèvres, voire nécroses.
"Je suis montée à 40, 41 de fièvre"
"Il y avait des diplômes sur le mur. Elle avait sa blouse, elle expliquait qu'elle était docteure, comme un vrai médecin esthétique", explique une victime des fausses médecins, contactée par BFM Lille. Elle ajoute: "Le souci c'est que le soir, je suis montée à 40, 41 de fièvre. Cette nuit-là j'ai commencé à avoir de grosses nécroses sur les lèvres."
Devant le tribunal correctionnel, les deux soeurs ont assuré avoir voulu "embellir" leurs clientes, reconnaissant les injections, mais pas les effets secondaires dévastateurs détaillés à l'audience mercredi par les parties civiles.
"Vous saviez que ce n'était pas légal?" tance la présidente. "Oui", répond l'aînée et principale mise en cause, avec aplomb. "C'était une mode sur les réseaux sociaux et j'étais intéressée par embellir la femme, c'était ma passion", se justifie-t-elle. "Je ne mesurais pas la gravité de la chose".
Diplômée d'un CAP esthétique en 2020, elle propose des injections dès 2021, et assure avoir suivi quatre formations, l'une en Belgique, et d'autres avec des formatrices russes ou ukrainiennes, rapporte l'AFP.
De la prison ferme requise contre l'ainée
Soulignant un "problème de santé publique", l'avocate du Syndicat national de chirurgie plastique et reconstructrice et esthétique (SNCPRE), Laetitia Fayon, a souligné que dans la "chasse aux fake injectors, les victimes sont trop peu présentes", par "honte" ou par "peur".
Le parquet a requis quatre ans de prison dont un an ferme contre l'aînée et deux ans de prison avec sursis contre sa cadette de 22 ans, qui a reconnu l'avoir assisté.
La procureure, qui a aussi requis une obligation d'indemnisation des victimes, a souligné "le parallèle assez facile à faire avec le trafic de stupéfiants": "ce sont des personnes qui se sont livrées à un business particulièrement dangereux et lucratif".













