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Harcèlement scolaire: Pap Ndiaye reçoit la famille de Lindsay ce lundi

BFM Grand Lille Clément Boutin , Journaliste BFMTV
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La famille de Lindsay, l'adolescente qui s'est suicidée après des mois de harcèlement en mai dernier, sera reçue ce lundi après-midi au ministère de l'Éducation nationale.

Pap Ndiaye reçoit ce lundi à 16h au ministère de l'Éducation nationale la famille de Lindsay, la jeune adolescente qui s'est donnée la mort après avoir été victime de harcèlement et de cyberharcèlement dans son collège du Pas-de-Calais. Leur avocat Pierre Debuisson sera présent à leurs côtés.

Invité de BFMTV la semaine dernière, Pap Ndiaye a reconnu qu'il s'agissait d'"un échec collectif", d'"une tragédie pour ses proches, pour l'Éducation nationale et pour le pays".

"Nous avons encore du chemin à parcourir", a-t-il ajouté, assurant suivre le dossier "personnellement".

Lors d'une conférence de presse, sa famille avait dénoncé les défaillances, les dysfonctionnements, le manque de soutien et de réponse apportés face à la situation vécue par la jeune fille. Pendant des mois, Lindsay a parlé à sa maman "des insultes, menaces, moqueries, tags abominables". Des alertes ont été données au sein de l'établissement et deux plaintes avaient été déposées par la famille.

"Je suis persuadée que si nous avions été soutenus, ma fille serait encore en vie, j'en suis persuadée", avait affirmé Betty, sa mère.

"C'est une histoire grave"

Sur les grilles du collège de Vendin-le-Vieil, où le programme pHARe pour lutter contre le harcèlement scolaire est mis en place depuis septembre, des pancartes en hommage à l'adolescente de 13 ans sont accrochées. Mais à l'intérieur des classes le sujet semble peu abordé. Les élèves ne comprennent pas l'absence de réaction du proviseur.

"Quand il est venu dans la classe il n'en a pas parlé. Il nous a plus parlé du brevet. C'est quand même une histoire grave et on dirait qu'il n'en prend pas compte", a indiqué une élève, quand une autre assure que les jeunes en parlent entre eux "mais pas avec les adultes".

Jean-Roger Ribaud, le directeur académique des services de l'Éducation nationale du Pas-de-Calais, a reconnu des erreurs, lors d'une conférence de presse: "Tout ce qu'on a pu faire s'est avéré insuffisant. (...) Aujourd'hui, on ne peut plus se contenter de traiter une situation de harcèlement dans un établissement scolaire. C'est un traitement qui doit être systémique et en lien avec les nouveaux outils qu'utilisent les jeunes."

"Lorsque l'on entend les parents dire que leur enfant n'était pas bien, forcément, on se sent responsable", a assuré Valérie Cabuil, la rectrice de l'académie de Lille, dans les colonnes de La Voix du Nord. Selon elle, l'une des élèves à l'origine du harcèlement de Lindsay a été exclue définitivement en février dernier.

"Ensuite, nous n'avons pas eu de nouvelles du collège", a-t-elle ajouté, avant de préciser qu'une enquête administrative a été ouverte.

Plusieurs plaintes

La famille de Lindsay a annoncé le dépôt de quatre plaintes pour "non-assistance à personne en danger" contre le directeur du collège de Vendin-le-Veil, contre l'Académie de Lille, contre les policiers qui ont recueilli les plaintes, et contre Instagram et Facebook France.

Quatre mineurs ont été mis en examen pour "harcèlement scolaire ayant conduit au suicide", dans le cadre d'une information judiciaire. Une personne majeure a par ailleurs été mise en examen pour "menaces de mort". Toutes ont été placées sous contrôle judiciaire.

La famille de Maïlys, la meilleure amie de Lindsay, elle aussi harcelée, a déposé plainte pour harcèlement, et aussi contre le principal du collège. Selon les informations du JDD, la famille d’Océane, une autre collégienne du même établissement, a également porté plainte, et celle de Flavie, une quatrième élève harcelée, s'apprête à le faire.