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Emmaüs: la direction d'une communauté du Nord assigne des grévistes en justice

BFM Grand Lille J.V avec AFP
Une banderole lors d'une manifestation des compagnons d'Emmaüs le 26 août 2023 à Lille, en grève depuis deux mois pour réclamer des conditions de travail digne et une régularisation.

Une banderole lors d'une manifestation des compagnons d'Emmaüs le 26 août 2023 à Lille, en grève depuis deux mois pour réclamer des conditions de travail digne et une régularisation. - BFM Grand Lille

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La direction de la communauté Emmaüs de Saint-André-lez-Lille (Nord) a assigné neuf personnes en référé devant le tribunal judiciaire de Lille ce mardi 31 octobre pour obtenir la fin de la grève en cours depuis juillet.

La direction de la communauté Emmaüs de Saint-André-lez-Lille (Nord), dont une vingtaine de compagnons sont en grève depuis début juillet, a assigné des grévistes en référé mardi 31 octobre devant le tribunal judiciaire de Lille pour obtenir la levée du piquet de grève.

Le mouvement de grève a fait tache d'huile dans d'autres communautés Emmaüs de la région, et le conseil d'administration national du mouvement a lancé en octobre des procédures contre les directions de deux communautés, dont celle de Saint-André.

Au total, neuf protagonistes ont été assignés par la direction locale: six compagnons, l'union départementale de la CGT, son secrétaire et le représentant du comité des sans papiers du Nord (CSP59).

Enquête ouverte pour "traite d'être humains"

Une vingtaine de compagnons de la Halte Saint-Jean près de Lille, tous en situation irrégulière, sont en grève depuis début juillet, accusant la direction locale de les exploiter sans leur ouvrir de perspective d'insertion.

Une enquête a été ouverte en mai pour "traite d'êtres humains" et "travail dissimulé" et confiée à la Brigade mobile de recherche zonale (BMRZ) et à l'Office central de lutte contre le travail illégal (OCLTI).

Décision rendue le 7 novembre prochain

Selon l'avocat du requérant, Me Christophe Loonis, les accès de l'association "ne peuvent plus être assurés" et elle ne peut donc plus "exercer son activité", ni "aider les compagnons qui ne sont pas dans le mouvement", a-t-il expliqué. Aussi, "nous demandons que les accès soient rendus libres pour permettre à l'association d'exercer son activité".

Selon la défense, "il n'y a aucun blocage et aucune occupation illicite". Le mouvement de grève est "parfaitement légitime et respecte les règles du droit de la grève", a assuré Me Ioannis Kappopoulos, avocat des grévistes.

"Les compagnons sont chez eux, ils ont leur logement à l'intérieur de la Halte Saint-Jean, rester dans les locaux n'est pas une occupation illicite", a-t-il affirmé. La décision doit être rendue le 7 novembre.

Fin août, une vingtaine de compagnons de la communauté de Grande-Synthe (Nord) s'étaient à leur tour mis en grève pour protester contre les conditions de travail.

Des compagnons de deux autres antennes du Nord, Tourcoing et Nieppe, se sont également mis en grève en septembre pour dénoncer des conditions de travail indignes et réclamer des régularisations.

La grève a été levée courant octobre à Tourcoing, a indiqué la CGT.