BFM Lille

Dunkerque: deux mois après la mort de Patrice Charlemagne, ses proches témoignent

BFM Grand Lille Martin Regley , Journaliste
Patrice Charlemagne, un enseignant de 48 ans, est mort à Rosendaël, près de Dunkerque, lors d’un cambriolage dans la nuit du 17 au 18 septembre.

Patrice Charlemagne, un enseignant de 48 ans, est mort à Rosendaël, près de Dunkerque, lors d’un cambriolage dans la nuit du 17 au 18 septembre. - LinkedIn/Patrice Charlemagne

Télécharger la nouvelle application BFM
Son épouse a avoué l'avoir tué dans la nuit du 17 au 18 septembre dernier à Rosendaël. Ses proches indiquent "n'avoir rien vu venir" et décrive un homme qui doutait de son mariage.

Deux mois après, ses proches témoignent. Dans la nuit du 17 au 18 septembre, Patrice Charlemagne avait été tué de plusieurs coups de couteaux dans sa maison de Rosendaël, une commune fusionnée à Dunkerque (Nord).

Dans un premier temps son épouse, Justine Jotham, avait indiqué qu'un cambriolage avait eu lieu à leur domicile. Finalement, elle avait été placée en garde à vue et avait reconnu avoir tué son mari. Elle a été mise en examen pour assassinat.

Pratiquement deux mois après le meurtre, ce jeudi 16 novembre, certains proches du couple témoignent pour la première fois dans le magazine Elle. Auprès de nos confrères, le vice-président de l'université de Dunkerque (où le couple travaillait), Carl Vetters évoque "un énorme choc".

"Rien ne laissait penser" à ce drame

Selon lui, "rien ne laissait penser qu'une telle chose pourrait arriver" précise-t-il dans les colonnes de Elle. Le couple semblait heureux et était très apprécié dans le territoire, notamment à l'université du Littoral Côte d'Opale. Lui y était professeur agrégé d'allemand et de néerlandais depuis 24 ans. Elle, y était maître de conférences. Sa femme était également auteure de livre pour enfants ou encore de romans et était engagée dans la vie politique locale.

Auprès de BFMTV en septembre dernier, un témoin anonyme évoquait "une femme réputée pour être très gentille".

Mais lors de cette nuit du 17 septembre, la vie du couple a pris une tournure dramatique lorsque Justine Jotham a appelé la police. Elle leur explique que des cambrioleurs sont rentrés dans sa maison, qu'elle a eu le temps de s'enfuire avec sa fille, mais que son mari se trouve encore à l'intérieur.

En arrivant sur place, ils découvrent le corps de Patrice Charlemagne. L'homme a reçu plusieurs coups de couteau. Rapidement, les enquêteurs retrouvent des gants et l'arme du crime dans un champ.

Quelques jours plus tard, Justine Jotham est placée en garde à vue. En découvrant les conversations téléphoniques du couple, les enquêteurs se rendent compte de l'existence de tensions. Une entaille est aussi retrouvée sur les gants abandonnés correspondant à celle qui se trouve sur l'une des mains de l'épouse de l'enseignant.

La mère et le frère de la victime "fauchés" par la nouvelle

En garde à vue, après plusieurs auditions, elle passera finalement aux aveux. Une nouvelle qui entraînera une sidération parmi les proches du couple.

"La mère et le frère de Patrice Charlemagne ont été fauchés par cette nouvelle. Ils n'ont strictement rien vu venir", témoigne leur avocat, François Rosseel, qui s'est constitué partie civile, auprès de nos confrères de Elle.

Le professeur agrégé et Justine Jotham se sont rencontrés en 2016 après deux histoires d'amour: elle venait de divorcer, lui sortait d'une relation de cinq ans. Rapidement, les deux se marient, et Justine Jotham donne naissance à une petite fille en 2021.

L'ex-compagne de Patrice Charlemagne le décrit auprès du magazine Elle comme étant un homme "doux". Elle explique qu'il avait l'air "très amoureux" et qu'il semblait avoir "trouvé la perle rare". Elle n'a en revanche pas compris le choix du mariage.

"Il m'avait toujours dit qu'il était opposé au mariage, que pour lui ça ne servait à rien", s'interroge-t-elle.

"Il disait que dans un couple, les problèmes surviennent quand on a des enfants"

Même interrogation concernant son projet de parentalité. "Il me disait que dans un couple, les problèmes surviennent quand on a des enfants", précise son ex-compagne à Elle. Cependant, elle explique que son enfant "illuminait sa vie, elle était comme ses deux yeux, il en était si fier".

Du côté de Justine Jotham, ce projet parental était un objectif de vie total. Mais en 2020, une fausse-couche est venue briser ce rêve. "Ça l'avait démolie", témoigne au magazine Elle Jacqueline Gabant, présidente du Lions Club Dunkerque, qui connaissait bien la mère de famille. "Alors, quand elle a eu sa fille, celle-ci est devenue le centre de sa vie", ajoute-t-elle.

Mais après cette naissance et cette nouvelle vie à trois, Patrice Charlemagne semble avoir perdu de sa joie de vivre. C'est en tout cas ce qu'explique Bénédicte, l'une de ses amies. "Il n'était plus le même", martèle-t-elle.

Selon d'autres proches interrogés par le magazine Elle, la mère de famille reproduisait son propre schéma familial. Elle qui n'avait jamais connu son père et avait été couvée par sa mère.

Une situation et un état d'esprit dont Patrice Charlemagne avait fait part à ses proches, en se questionnant sur son mariage. Des SMS qui ont été remis aux enquêteurs.

Un mobile du crime qui reste flou

Le mobile du crime, reste toujours très flou. Selon la procureure de la République de Dunkerque, interrogée par nos confrères, Justine Jotham "voulait la mort de Patrice Charlemagne avant de porter le premier coup".

De son côté, leur fille, a été placée chez la maman de Justine Jotham et encadrée par l'Aide sociale à l'enfance (Ase). La famille de Patrice Charlemagne a la possibilité de la voir grâce à des droits de visite.

Actuellement incarcérée, Justine Jotham encourt la réclusion criminelle à perpétuité.