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"Ça devient invivable": plusieurs restaurateurs lillois victimes de cambriolages récurrents

BFM Grand Lille Philippine Potentier avec Laurène Rocheteau
Plusieurs commerces du quartier ont été victimes de cambriolages ces dernières années.

Plusieurs commerces du quartier ont été victimes de cambriolages ces dernières années. - BFM Grand Lille

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Les commerçants du quartier Jean-Baptiste Lebas dénoncent des cambriolages de plus en plus fréquents au cours des derniers mois. Ils envisagent de former un collectif pour demander des solutions auprès de la mairie.

"On en devient fataliste." Plusieurs commerçants du quartier Jean-Baptiste Lebas à Lille déplorent des cambriolages récurrents depuis plusieurs années, mais qui se sont accentués au cours des derniers mois.

"On arrive sur un sérieux problème en termes de sécurité. Tous les jours, vivre avec une épée de Damoclès, ça devient invivable. Et nos collègues, dans l'ensemble du quartier, dénoncent la même situation", déclare Yannick Evin, gérant du restaurant "Le Verlaine", au micro de BFM Grand Lille.

4000 euros de préjudice

Le restaurateur a été victime de six cambriolages en cinq ans, dont deux rien qu'au cours des trois derniers mois. Il a bien tenté d'éloigner les auteurs de ces infractions en laissant un mot sur une planche protégeant la porte vitrée de l'établissement: "Passe ton chemin, la caisse est vide". Mais si la caisse est effectivement vide la nuit, cela ne décourage pas les cambrioleurs.

"Ils démolissent des vitrines, des portes pour rentrer. Nous sommes protégés par des alarmes, mais ils savent qu’ils ont un laps de temps bien défini d’à peu près cinq minutes pour pouvoir s’affairer. Donc l’objectif, c’est de rafler tout ce qui passe à travers leur passage."
Le gérant du restaurant "Le Verlaine" déplore des dégâts importants dans son établissement.
Le gérant du restaurant "Le Verlaine" déplore des dégâts importants dans son établissement. © BFM Grand Lille

Le dernier cambriolage dont l'établissement de Yannick Evin a été victime a eu lieu dans la nuit de mercredi à jeudi. Vitrine et porte brisées, caisse enregistreuse, voire même de l'alcool volé... Cette fois-ci, le restaurateur estime le préjudice à 4000 euros, et a une nouvelle fois déposé plainte.

Une source d'inquiétude supplémentaire, car il craint désormais que ses assurances n'acceptent plus de le couvrir, ou bien augmentent considérablement leurs tarifs.

"Elles vont en avoir ras-le-bol, donc il en vient à la pérennité de nos entreprises, de pouvoir assurer à l’avenir convenablement nos établissements."

"On m'a cassé ma vitre"

Plusieurs autres commerces du quartier ont été victimes de cambriolages dans la nuit de mercredi à jeudi. Le restaurant de produits de la mer "Les Petits Poissons" a lui aussi vu sa vitrine brisée et de l'argent volé.

Boukhalfa Belkessam, gérant du restaurant "Le Djurdjura", a quant à lui été victime d'une tentative de cambriolage l'été dernier. Il a toutefois réussi à faire fuir les intrus qui tentaient de pénétrer dans son établissement.

"On m’a cassé ma vitre", raconte-t-il. "Ils ont essayé de cambrioler, mais comme j’ai la chance d’habiter au-dessus, je les ai fait fuir, je suis descendu tout de suite."

Situé entre l'hypercentre de Lille et le secteur des Moulins, le quartier Jean-Baptiste Lebas est souvent animé dans la soirée, en raison des nombreux bars et restaurants. Mais à partir d'une certaine heure, les rues deviennent désertes, et les commerçants pointent du doigt un climat inquiétant.

Les commerçants demandent des mesures

Certains d'entre eux voudraient pouvoir installer un rideau métallique pour protéger leur commerce, mais dénoncent l'absence d'autorisation de la part de la mairie pour des raisons "esthétiques", rapportent les commerçants. Certains commerces du quartier ont bien des rideaux métalliques, mais il s'agit de très vieux établissements, et les commerçants dénoncent le fait que la mairie ne veuille pas, selon eux, délivrer de nouvelles autorisations.

Même si elle était acceptée, cette solution pourrait s'avérer coûteuse. "Installer un rideau métallique, c'est 20.000 euros", déplore Yannick Evin, qui estime que "c'est une aberration de demander des autorisations pour protéger son entreprise".

Contactée, la mairie de Lille n'a pas encore réagi à la situation. Les commerçants envisagent de former un collectif pour faire pression sur la municipalité et obtenir des mesures de sécurité. Le gérant du "Djurdjura" se dit même favorable à l'installation de caméras de vidéo-surveillance.