Vers une pénurie de chaudières juste avant l'hiver?

Un radiateur (photo d'illustration). - RI Pixabay
Ce n'est pas le meilleur moment pour changer sa chaudière. Les délais pour installer ou réparer une chaudière ne cessent de s'allonger depuis le début de l'été: les machines neuves comme les pièces de rechange manquent aux installateurs. Il faut aujourd'hui attendre plusieurs mois pour recevoir un appareil que l'on a commandé, contre quelques jours habituellement. De quoi craindre la pénurie à l'approche de l'hiver ?
Les chaudiéristes n'échappent pas aux difficultés d'approvisionnements et à la flambée des matières premières. Aux tensions sur les métaux, notamment l'acier et le cuivre, se sont ajoutées celles sur les semi-conducteurs – ces derniers sont indispensables aux chaudières actuelles, qui intègrent bien souvent des systèmes de régulation électronique. Impossible pour les fabricants d'assurer leur niveau habituel de production et de répondre à toutes les demandes des entreprises, ni même de refaire des stocks.
Or, au même moment, la demande est anormalement élevée. Le gouvernement a mis fin en juin dernier aux primes "coup de pouce CEE" pour les travaux d'isolation et de chauffage qui permettaient, entre autres, de baisser le prix de sa nouvelle chaudière. Quand l'arrêt de ces primes a été annoncé, de nombreux particuliers se sont précipités pour passer des commandes avant le 30 juin, date limite.
"Cette hausse massive de la demande a créé un énorme embouteillage", explique Jean-Paul Ouin, délégué général du Syndicat des industries thermiques, aérauliques et frigorifiques (Uniclima), qui précise que cela concerne aussi les pompes à chaleur.
Priorité aux urgences
Pas de panique pour l'hiver à venir: installateurs comme fabricants assurent qu'en cas de panne de sa chaudière, il ne faudra pas vivre des semaines sans eau chaude ni chauffage. Des machines et des créneaux sont réservées aux urgences.
"Le premier réflexe d'un installateur, c'est de réparer. Une chaudière est faite pour durer 20 ans. Si ce n'est pas possible de réparer, il se débrouillera toujours pour trouver une machine disponible en allant voir directement les grossistes ou en jouant sur les stocks", assure Jean-Paul Ouin.
"La situation est tendue depuis plusieurs mois, mais ce n'est pas catastrophique", tient à rassurer Thomas Perrissin, directeur général d'Ökofen France et vice-président du Syndicat français des chaudiéristes biomasse (SFCB), qui représente les fabricants de chaudières au bois.
Certaines entreprises craignent d'en subir les frais. Des contrats-cadres, notamment dans l'habitat social, régissent les chantiers où il faut installer des milliers de chaudières: en cas de dépassement des délais, elles s'exposent à des pénalités financières. "On ne veut pas être victimes de choses qui nous échappent", regrette Cyril Radici, secrétaire général du Synasav. L'organisation, qui regroupe des sociétés d'équipement et de maintenance, a mis en place des réseaux de solidarité entre ses entreprises pour qu'elles puissent se prêter des pièces et continuer à travailler.











