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Veolia/Suez: le secrétaire du comité européen de Suez exprime un "sentiment de trahison"

BFM Business J. Br. avec AFP
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Veolia et Suez ont annoncé lundi être parvenus à un accord en vue d'un rapprochement entre les deux groupes.

Le secrétaire CGT du comité d'entreprise européen de Suez a exprimé lundi un "réel sentiment de trahison de la part du conseil d'administration" de son entreprise, après l'annonce d'un accord intervenu avec Veolia, à l'initiative d'une OPA sur son concurrent dans la gestion de l'eau et des déchets.

"On l'a appris par Twitter et communiqué de presse et on a un réel sentiment de trahison de la part du conseil d'administration, qui semble s'être couché face à la pression de Veolia alors que les moyens de négocier autre chose existaient", a déploré Franck Reinhold von Essen auprès de l'AFP.

"Nous voulons être partie prenante par rapport à toute négociation en cours. Or, c'est très flou. De prime abord, le périmètre ne nous satisfait pas, car on parle de 6,9 milliards qui constituerait le 'nouveau Suez', ce qui ne fait pas la taille critique qui permettrait de garantir la pérennité des emplois par le développement de l'entreprise", a-t-il ajouté. "Nous n'avons pas été associés à ce pré-accord, ce qui est frustrant. L'accord définitif serait le 14 mai, ce qui nous laisse penser que tout n'est pas fini. Nous allons essayer d'obtenir le détail de ce pré-accord", a-t-il conclu.

Rapprochement entre les deux géants de l'eau

Veolia et Suez ont annoncé lundi être parvenus à un accord en vue d'un rapprochement, mettant un terme à plusieurs mois de bataille financière, médiatique et judiciaire entre ces deux groupes français présents dans l'eau et les déchets. Ce rapprochement entre les deux géants de l'eau et des déchets doit permettre la constitution d'un "champion mondial de la transformation écologique" dans un marché de plus en plus soutenu et concurrentiel, au chiffre d'affaires d'environ 37 milliards d'euros, selon Veolia.

Dans le même temps, un "nouveau Suez" doit être mis sur pied, détenu par un groupe d'actionnaires majoritairement français comprenant des partenaires financiers des deux groupes et les salariés. Les deux fleurons français s'affrontaient depuis l'année dernière, notamment depuis l'acquisition par Veolia en octobre de 29,9% de Suez auprès d'Engie avant de lancer une OPA sur le reste des actions. Depuis sept mois, ils ont multiplié recours en justice, invectives par voie de presse, coups de pression et de semonce.