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Sauce tomate: comment les industriels veulent relancer la filière française

BFM Business Jérémy Bruno
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La production française de tomates est loin de répondre aujourd'hui à la demande de l'industrie agroalimentaire, qui s'appuie principalement sur les importations.

La sauce tomate n'est pas (souvent) française dans les rayons des supermarchés. Alors que la France produisait encore 400.000 tonnes de tomates destinées à l'industrie agroalimentaire, ce n'est plus que 150.000 tonnes à l'heure actuelle, rapportent Les Échos, soulignant que l'Hexagone en est devenu aujourd'hui le troisième importateur mondial. La production française ne couvre plus que 10% de la demande des industriels, contre encore 35% en 2000.

Les tomates françaises ont notamment souffert de la forte concurrence de l'Italie et de l'Espagne et, plus méconnue du grand public, de la Chine. Après s'être lancée dans la culture de la tomate dans les années 1990, la Chine s'est installée parmi les premiers producteurs mondiaux de concentré de tomates, que l'on retrouve principalement dans les sauces et les ketchups d'entrée de gamme. Or, en parallèle du déclin de la production française, la demande a grimpé de 50%, notent Les Échos.

Projet "Tommates"

Pour renverser la tendance, l'heure est désormais au retour de la tomate française. Un plan de relance interfilières a été mis sur pied, baptisé "Tommates" – sans faute d'orthographe, de l'abréviation de "techniques outils et méthanisation pour la multiperformance agricole des territoires et des systèmes". Porté par la Chambre régionale d'agriculture de Provence-Alpes-Côte d'Azur, le projet rassemble une vingtaine de structures, dont Terres Inovia, Arvalis, l'Inrae ou encore GRDF.

L'objectif du plan "Tommates" est d'augmenter les surfaces cultivées dans la vallée du Rhône, en créant des "îlots agricoles" de 1000 à 1500 hectares principalement dédiés à la tomate pour l'industrie agroalimentaire, précise Vaucluse agricole. Par ailleurs, un méthaniseur sera installé sur chaque "îlot" pour transformer les déchets agricoles en biométhane et alimenter en énergie le territoire et les usines environnantes, dont celles de transformation des tomates.

Environ 300 agriculteurs sont concernés par le projet, qui ambitionne de porter à 25% le taux de couverture des besoins de l'industrie à l'horizon 2030.