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L’éditique se réinvente à l’heure du digital

BFM Business En partenariat avec SCRIBEO
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[CONTENU PARTENAIRE] Depuis 1985, le Groupe Diffusion Plus imprime et envoie des courriers promotionnels et transactionnels. Ses filiales Data One et DocOne sont spécialisées en éditique, à savoir la production de documents transactionnels. Cet acteur industriel dans le papier doit s’adapter à la dématérialisation et aux nouvelles solutions numériques. Se transformer est désormais essentiel dans ce secteur, afin d’aider les entreprises à faire de même. Le modèle économique change lui aussi. Entretien avec Loïc Lefebvre, directeur du développement de Groupe Diffusion Plus.

Contextualisons : que veut dire « éditique » ?

Il s’agit de notre domaine d’activité. « Éditique » est un métier inventé au début des années 2000 et doit son nom à la contraction ders termes « édition » et « informatique ». Data One combine les processus de production, d’impression et de mise sous enveloppe des documents de gestion (courriers, factures, contrats, relevés de compte, etc.) pour le compte des grandes banques ou des grands acteurs de l’énergie. L’édition des données informatiques permet de distinguer les documents transactionnels (réglementaires) du mailing marketing (publicités) reçus dans les boîtes aux lettres.

Au centre de cette chaîne de traitement se trouve un acteur majeur : La Poste, chargée de distribuer les plis. Chaque année, le Groupe Diffusion Plus envoie un milliard de courriers et imprime 2 milliards de pages. Nos usines produisent donc chaque jour environ 3 millions de plis, et impriment 6 millions de pages. Des imprimantes et des machines de mise sous pli industrielles sont indispensables pour tenir une telle cadence. Ainsi, nos imprimantes produisent chacune à la vitesse de 150 mètres par minute, soit plus de 100’000 pages par heure.

Votre entreprise est née il y a plus de 35 ans, époque où le papier était encore roi. Quel est votre enjeu à l’ère du digital ?

Aujourd’hui, un pan des pages imprimées se dématérialise sous forme de mails, de SMS et autres canaux digitaux. Le marché connaît donc une baisse des volumes papier, contre une augmentation des volumes digitaux. Par conséquent, Data One doit maintenir son rôle d’acteur industriel du papier tout en accompagnant ses clients dans les processus de digitalisation. Afin d’y parvenir, Data One se transforme. Nous accueillons dans nos usines davantage de personnes capables de traiter du papier électroniquement. Nous créons également de nouvelles filiales, dédiées à la transformation digitale ! D’où la création de notre filiale GDP.digital il y a un an et demi.

Pourquoi digitaliser l’éditique de gestion ?

Qui dit papier dit timbre ! Or, l’affranchissement représente plus de 80 % de ce que payent nos clients pour envoyer un courrier. Les tarifs d’affranchissement ont d’ailleurs été presque multipliés par deux depuis 10 ans. À l’inverse, nos prix ont été baissés par deux. Notre métier se heurte donc au prix trop élevé du timbre. La démocratisation croissante de la dématérialisation permet de le contrer.

Toutefois, le papier ne peut être complètement abandonné. Les Français sont très attachés au document imprimé. L’argument de l’écologie paraît simple, mais il est trompeur. En effet, la production de papier se veut aujourd’hui plus responsable. À chaque arbre coupé, deux autres sont replantés. De plus, Data One possède les labels écologiques FSC & PEFC, attestant de notre contribution à la gestion des forêts durables.

Toujours d’un point de vue écologique, des études expliquent par ailleurs que le bilan carbone d’un courrier envoyé sous format papier est inférieur à celui d’un courrier envoyé par mail.

Quel est alors l’avenir de votre société pour la production papier ?

La France est l’un des derniers pays développés où les grands groupes poursuivent l’édition de leurs documents dans des centres éditiques internes. Ces centres enregistrent d’une part de plus en plus de départs à la retraite, cette particularité est une opportunité de nouveaux contrats ! D’autre part, imprimantes et machines de mises sous pli représentent un investissement de plusieurs millions d’euros. Or, les volumes baissent. D’où l’intérêt de l’externalisation (passer d’un modèle économique à « coûts fixes » à celui de « coûts variables », grâce à nos solutions) ! S’ils nous les confient, nous pourrons ainsi compenser notre perte liée à la dématérialisation.

À titre d’exemple, Data One et DocOne confondus réalisent 300 millions de plis, et notre taux de dématérialisation se situe entre 10 % et 15 % par an. Nous perdons ainsi 30 à 45 millions de plis par an. Cependant, en 2019, nous avons remporté l’externalisation de tous les flux éditiques d’une grande banque, soit 90 millions d’enveloppes par an. Nous en avons donc gagné 50 millions, ce qui fait de nous une entreprise en croissance.

Outre l’actualité de votre secteur, vous vous engagez dans une actualité politique et médiatique.

Oui, rappelez-vous : les élections régionales et départementales de juin 2021 ont connu un taux de participation historiquement bas. L’argument avancé était alors la non-réception des professions de foi et des bulletins de vote (aussi liés à l’éditique) au domicile de nombreux Français. Il est pourtant en effet question de leur dématérialisation depuis une dizaine d’années…

Suite aux dysfonctionnements de la distribution postale lors des dernières élections, le ministre de l’Intérieur a alors décidé de résilier le contrat d’un des 2 opérateurs postaux (ADREXO). Suite à un amalgame du ministre (et contrairement aux recommandations de la Commission d’enquête parlementaire), les contrats des producteurs (routeurs) ont eux aussi été injustement résiliés ! Cette décision pourrait provoquer des pertes d’emplois et des fermetures d’usines, au moment même où il est question, à Bercy et dans tous les territoires français, de plans de reprise économique post-Covid majeurs, pour aider les entreprises à se relancer, après cette période de 2 ans particulièrement difficiles pour elles.

En réponse, les sociétés de notre secteur ont lancé des actions collectives auprès du ministre et du ministère de l’Intérieur. J’ai d’ailleurs défendu la cause des producteurs à l’Assemblée nationale, au Sénat et place Beauvau, au nom de toute notre Filière. Nos entreprises ont tout de même investi plusieurs millions d’euros dans du matériel innovant et performant pour produire cette propagande électorale. Notre secteur pourrait aujourd’hui se retrouver en difficulté par manque de rentabilité.

Que cela implique-t-il pour les prochaines élections ?

Nous avons jusqu’à la fin du mois d’octobre pour que le ministère de l’Intérieur puisse infléchir sa position auprès des préfectures qui souhaiteraient continuer à externaliser. Celles qui internalisent déjà ces productions peuvent évidemment continuer à le faire en régies. Pour le moment, la décision est de forcer l’internalisation dans toutes les préfectures qui ne sont pas équipées et qui ont reçu l’interdiction de travailler avec des prestataires comme nous. Nous souhaitons donc que le ministre accepte de les laisser travailler avec nous si elles en ressentent le besoin. Sinon, chacune devra démarcher des centaines de personnes (personnels de l’État pour la plupart), afin de réaliser ce travail à la main, de surcroît dans des centres « éphémères ».

Une telle opération aurait un coût financier évident pour les contribuables français, mais aussi un impact écologique considérable. D’ordinaire, les imprimeurs des professions de foi et des bulletins de vote livraient une dizaine de prestataires. Si les choses restent en l’état, ils devront livrer plus d’une centaine de préfectures, donc autant de camions sur les routes.

Ce dossier englobe des problématiques si vastes qu’il engage ainsi 5 personnalités politiques. Outre Gérald Darmanin, il concerne le ministre de l’Économie, des Finances et de la Relance Bruno Le Maire pour la santé économique des entreprises et la ministre Barbara Pompili pour la Transition écologique.

Il implique également le ministre des Solidarités et de la Santé Olivier Véran, puisqu’on ne peut se projeter sans la perspective d’une autre vague de Covid-19 ou d’un nouveau variant. Enfin, il touche la secrétaire d’État auprès du ministre de l’Économie et des Finances de France, Agnès Pannier-Runacher, car si la situation restait en l’état, les producteurs routeurs pourraient générer des licenciements.

Ce contenu a été réalisé avec SCRIBEO. La rédaction de BFMBUSINESS n'a pas participé à la réalisation de ce contenu.