La Chine devrait dépasser ses objectifs de réduction d'émissions de CO2 pour 2035 (mais surtout parce que ces objectifs sont très bas)

La Chine profite de la sortie annoncée des États-Unis de l'Accord de Paris sur le climat pour s'ériger en numéro 1 mondial des énergies vertes. (image d'illustration) - Mike Clarke - AFP Files - AFP
Les experts du climat sont optimistes: la Chine devrait dépasser ses objectifs de réduction d'émissions de gaz. Problème, tous les trouvent bien trop timides, alors que le pays reste le plus gros pollueur du monde.
Deux tiers des experts du Centre de recherches sur l'énergie et l'air estiment dans un rapport que la deuxième économie mondiale dépassera les objectifs fixés par Xi Jinping. En septembre, le président chinois s'était engagé à ce que son pays diminue de 7% à 10% ses émissions de gaz à effet de serre d'ici 2035 par rapport à 2025. Pour la première fois, la Chine prenait ainsi en compte l'ensemble des gaz polluants et plus seulement le CO2.
Ce qui n'empêche pas la majorité des experts climatiques de trouver ces objectifs très timorés. "La plupart des experts de la Chine considèrent ces objectifs comme très conservateurs et s'attendent à ce qu'ils soient dépassés", assure Belinda Schäpe, spécialiste de la Chine et coautrice du rapport. En suivant la ligne fixée par les accords de Paris, le pays devrait réduire ses émissions de presque 40%, bien loin des 10% objectivés.
La Chine pourrait voir ses émissions de gaz augmenter d'ici 2030
Grâce à l'apport de nouvelles technologies, la donne devrait en plus être facilitée. Le rapport estime que la combustion d'énergies fossiles devrait chuter de 37% sur la prochaine décennie grâce à de nouvelles méthodes de production. Le gouvernement chinois pourrait donc tranquillement remplir ses objectifs climatiques, sans effort ou presque.
"Ses potentiels progrès reposent sur l'accélération des réformes du secteur énergétique et le développement de l'éléctrification en profondeur, identifie Xunpeng Shi, professeur d'économie environnementale à Sydney. Qui ne voit pas pour autant le pays investir en priorité dans ces domaines.
Surtout, la Chine n'envisage pas de progrès significatif à court-terme. Avec une décennie pour agir, elle se laisse un large temps d'adaptation. Et pourrait même voir ses émissions augmenter dans les prochaines années. 82% des experts interrogés par le rapport estiment ainsi que le pays n'a pas encore atteint son niveau maximal d'émission.
"De nombreuses personnes craignent qu'un plan de relance économique soit nécessaire pour relever les défis économiques, détaille Belinda Schäpe. Cela pourrait entraîner une hausse des émissions."
À elle seule, la Chine représente 30% des émissions de gaz à effet de serre mondiales et sa politique environnementale pourrait être capitale dans les efforts pour limiter le dérèglement climatique.











