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Liban: la trêve peut-elle durer ?

BFM Business Caroline Loyer
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LE MONDE QUI BOUGE. Au Liban, le cessez-le-feu est entré en vigueur, mais nul ne sait combien de temps il durera vraiment.

L’accord prévoit la mise en place d’une phase de 60 jours. Deux mois durant lesquels Tsahal s’engage à évacuer le sud du Liban. Les hommes du Hezbollah, eux, devront se retirer au nord du fleuve Litani, à une vingtaine de kilomètres de la frontière.

Dans le même temps, les Forces armées libanaises se déploieront progressivement dans la bande frontalière évacuée par le Hezbollah pour rejoindre les casques bleus de la FINUL - la Force de Nations unies dont le nombre devrait être revu à la hausse. Il pourrait atteindre les 6 000 hommes dans les six mois à venir.

L’annonce de cette trêve a été faite par le premier ministre israélien. Benjamin Netanyahou explique notamment vouloir se concentrer sur l’Iran, sans donner plus de précisions.

Joe Biden, qui remercie la France pour son implication dans les discussions, se félicite et évoque " une cessation permanente des hostilités ".

La pérennité: un "travail considérable"

Mais cette trêve a-t-elle des chances de tenir? La question est légitime quand on sait que l'armée libanaise est depuis longtemps bien plus faible que le Hezbollah et qu’Israël promet de reprendre les hostilités à la moindre provocation du groupe chiite.

L’objectif affiché, c'est bien une paix durable, mais les nations unies préviennent déjà : cela demandera un "travail considérable". Et c’est l’expérience qui parle. L’accord conclu ne diffère pas vraiment de la résolution 1701 du Conseil de sécurité qui avait marqué officiellement la fin de la guerre dans le sud Liban en 2006.

Caroline Loyer : Liban, le cessez-le-feu peut-il durer ? - 27/11
Caroline Loyer : Liban, le cessez-le-feu peut-il durer ? - 27/11
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Sauf que plusieurs dispositions n’avaient pas été entièrement mises en œuvre, laissant des tensions persistantes dans la région.

L'émissaire américain Amos Hochstein, chargé des négociations, ne veut surtout pas un "bis repetita de ce qui s'est passé en 2006".

C’est pourquoi aujourd’hui la France, impliquée dans les discussions et Washington s’engagent, dans un communiqué commun, à ce que le cessez-le-feu soit "mis en œuvre dans son intégralité".

Pour Emmanuel Macron, une paix durable passe aussi par une élection présidentielle "sans délai" au pays du cèdre. Pour lui, le Liban a urgemment besoin d’un nouveau gouvernement et de réformes. Seul moyen selon le chef de l’État de restaurer sa souveraineté et de redresser son économie.

Une victoire de Donald Trump ?

Ce cessez-le-feu, c’est une victoire pour Joe Biden mais pas seulement. Pour l’équipe du républicain, c’est clairement grâce à lui qu’un accord a été trouvé.

"Tout le monde s’est assis autour de la table grâce au président Trump. Sa victoire retentissante a envoyé un message clair au reste du monde: le chaos ne sera pas toléré", a posté sur X, Mike Waltz, nommé conseiller à la sécurité nationale.

Benjamin Netanyahu et le président élu se sont entretenus plusieurs fois au téléphone depuis l’élection américaine. Ron Dermer, ministre des Affaires stratégiques de Netanyahou, avait même fait de Mar-a-Lago, la résidence privée de Donald Trump, la première étape de sa tournée américaine avant de se rendre à la Maison Blanche.

Il y a deux semaines, le Washington Post révélait qu’Israël préparait un plan de cessez-le-feu comme "cadeau" à Donald Trump. Le but étant de lui offrir une victoire précoce en matière de politique étrangère -cadeau qui ne sera probablement pas sans contrepartie.