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Les États-Unis veulent interdire les cigarettes électroniques de Juul Labs

BFM Business J. Br. avec AFP
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Selon des informations de la presse américaine, la marque de cigarettes électroniques Juul Labs pourrait être interdite aux Etats-Unis.

L'agence américaine en charge de la santé (FDA) veut interdire la vente aux États-Unis des cigarettes électroniques, ou e-cigarettes, de la marque Juul Laabs, affirme mercredi le Wall Street Journal. Une décision ordonnant à la start-up de retirer ses produits du marché pourrait être annoncée dès mercredi, ajoute le quotidien économique, citant des sources proches du dossier.

La start-up Juul a connu un succès phénoménal à la fin des années 2010 avec ses vapoteuses en forme de clés USB et ses recharges de nicotine aromatisées. Mais l'entreprise a aussi été accusée d'avoir largement participé à la montée en flèche du vapotage chez les adolescents en ciblant particulièrement les lycéens. Face aux pressions des autorités, Juul Labs a déjà suspendu en 2019 les ventes de recharges aromatisées, prisées des jeunes, et s'est engagé à revoir sa stratégie marketing. L'entreprise n'avait pas, dans l'immédiat, répondu à une sollicitation de l'AFP.

La FDA a été chargée de passer en revue les produits de vapotage afin de s'assurer que le bénéfice tiré par les adultes (notamment pour les aider à arrêter de fumer des cigarettes traditionnelles) était plus important que les risques posés pour les plus jeunes. L'agence a déjà interdit en 2020 la commercialisation des vapoteuses de type Juul, à recharge, avec des goûts aromatisés, aux fruits ou bonbons, n'autorisant plus que les arômes tabac et menthol.

Coûteux litiges juridiques

Pour lutter contre la dépendance des fumeurs, l'administration de Joe Biden a par ailleurs annoncé mardi vouloir réduire considérablement le taux de nicotine des cigarettes vendues aux États-Unis. Le cigarettier américain Altria chutait de plus de 8% en début de séance à New York: l'entreprise avait fait un gros pari sur Juul Labs en 2018 en y investissant plus de 12 milliards de dollars pour acquérir 35% de la start-up, valorisée à 38 milliards par l'opération. Elle voulait alors diversifier son fonds de commerce, les ventes de cigarettes classiques baissant depuis longtemps aux États-Unis.

Mais face aux nouvelles restrictions des autorités sanitaires et à de coûteux litiges juridiques, la valeur de Juul a depuis fondu. Altria estime désormais que son investissement valait 1,7 milliard de dollars fin 2021, valorisant ainsi Juul à environ 5 milliards de dollars.