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Droits de douanes: face aux menaces de Donald Trump, Emmanuel Macron va demander au nom de la France l'activation de l'instrument anti-coercition

BFM Business Caroline Robin avec AFP
Le président français Emmanuel Macron s'exprime lors d'une conférence de presse à l'issue du Conseil européen à Bruxelles, en Belgique, le 19 décembre 2025.

Le président français Emmanuel Macron s'exprime lors d'une conférence de presse à l'issue du Conseil européen à Bruxelles, en Belgique, le 19 décembre 2025. - JOHN THYS / AFP

L'entourage du président a indiqué à BFMTV qu'Emmanuel Macron va demander, au nom de la France, de recourir à l'instrument anti-coercition, une sorte de "bazooka commercial" pour dissuader Donald Trump qui brandit de nouvelles menaces de surtaxes douanières.

Emmanuel Macron durcit le ton. D'après les informations communiquées par son entourage à BFMTV, le président de la République va demander, au nom de la France, l'activation de l'instrument anti-coercition de l'Union européenne.

Une réponse aux menaces proférées par Donald Trump samedi, qui a annoncé des surtaxes douanières de 10% au 1er février puis 25% au 1er juin contre la France et sept autres pays européens qui s'opposent à l'annexion du Groenland. Et ce, jusqu'à la vente totale de l'île arctique rattachée au Danemark.

Surnommé "bazooka commercial", l'instrument anti-coercition (ACI) est avant tout d'une arme "de dissuasion" visant à contraindre les pays tiers à régler les conflits commerciaux par la négociation. Sa mise en oeuvre requiert la majorité qualifiée des pays de l'Union européenne. Si tel est le cas, alors il permet, notamment, le gel de l'accès aux marchés publics européens ou le blocage de certains investissements.

Remise en cause de l'accord conclu l'été dernier?

Par ailleurs, les menaces commerciales américaines "posent la question de la validité de l'accord" sur les tarifs douaniers conclu entre l'Union européenne et les États-Unis en juillet dernier, a relevé un proche du président français.

Pour rappel, l'accord prévoit 15% de droits de douane sur les importations européennes arrivant sur le sol américain, notamment en matière d'automobiles, de produits pharmaceutiques ou encore de vins.

Georgia Meloni pointe une "erreur"

En Italie, la Première ministre Giorgia Meloni a qualifié ce dimanche d'"erreur" la menace de surtaxes douanières brandie par Donald Trump contre plusieurs pays européens s'opposant à ses velléités de s'emparer du Groenland, ajoutant qu'elle lui avait fait part de son point de vue.

"Je pense qu'imposer de nouvelles sanctions aujourd'hui serait une erreur", a-t-elle déclaré aux journalistes lors d'un déplacement à Séoul, ajoutant : "j'ai parlé à Donald Trump il y a quelques heures et je lui ai dit ce que je pense".