Droits de douane sur les pâtes italiennes: les États-Unis changent leur fusil d'épaule en les passant de 91% à 2%, Rome salue une "première réduction"
Des pâtes "fusilli" sur la chaîne de production de l'usine Barilla à Parme, dans le nord de l'Italie, le 18 novembre 2025 (photo d'illustration). - STEFANO RELLANDINI / AFP
C'est une bouffée d'air pour l'Italie: alors que les États-Unis faisaient planer la menace, depuis cet été, d'une imposition des pâtes italiennes à hauteur de 91% en janvier 2026, les droits de douane américains devraient finalement être moins importants que prévu pour ce type de produit.
Le ministère italien des Affaires étrangères s'est en effet félicité, jeudi 1er janvier, que la surtaxe antidumping que les États-Unis prévoient d'appliquer sur les importations de pâtes italiennes ait été revue à la baisse pour certaines marques, selon une évaluation préliminaire du département américain du Commerce.
Début septembre 2025, ce dernier avait annoncé qu'il prévoyait d'imposer à partir de janvier 2026 des droits antidumping provisoires de plus de 91 % sur les pâtes, en plus des 15% actuellement appliqués. Cette décision s'inscrit dans le cadre d'une enquête pour pratiques commerciales présumées de certaines marques impliquant des exportations vers les États-Unis à des prix inférieurs à ceux du marché ("dumping").
"Le département américain du Commerce a publié dans la nuit, avant la conclusion de l'enquête prévue pour le 11 mars, certaines évaluations concernant les droits antidumping sur certaines marques de pâtes italiennes", relève le communiqué du ministère italien des Affaires étrangères.
Les États-Unis représentent 17% des exportations
Cette analyse redéfinit "à un niveau nettement inférieur les taux fixés à titre provisoire le 4 septembre dernier", ajoute le ministère, qui précise que de 91,74 %, les droits de douane passent à 2,26 % pour la marque de pâtes "La Molisana", à 13,98 % pour "Garofalo" et à 9,09 % pour "les 11 autres producteurs non échantillonnés".
"La redétermination des droits de douane témoigne de la reconnaissance par les autorités américaines de la volonté effective de nos entreprises de coopérer", poursuit le communiqué.
Le ministère italien des Affaires étrangères avait annoncé début octobre travailler avec Washington et la Commission européenne pour tenter d'empêcher l'instauration de cette surtaxe antidumping inquiétant les producteurs de pâtes de la péninsule.
Les États-Unis représentent un marché stratégique pour les producteurs italiens, avec une valeur estimée à près de 671 millions d'euros en 2024, selon Coldiretti - la plus grande association agricole italienne -, soit près de 17% des exportations.
Ce jeudi matin, les États-Unis ont également annoncé reporter à 2027 les surtaxes sur les importations de bois d'oeuvres et leurs produits dérivés, notamment les meubles de cuisine ou de salle de bain, afin de "poursuivre les négociations". Ces derniers devaient passer de 25% à 50% au 1er janvier.
Selon le Budget Lab de l'université de Yale, les consommateurs américains sont exposés à des droits de douane effectifs moyens de 16,8%, soit le niveau le plus élevé depuis 1935. Toutefois, cette très nette hausse ne se reflète pas vraiment dans les indicateurs d'inflation.













