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Il avait empoché 2 milliards de dollars en anticipant la crise des subprimes: Michael Burry mise gros sur une chute de l'IA (et notamment de Nvidia) en Bourse

BFM Business Tom Prevot
Michael Burry, investisseur rendu célèbre par The Big Short

Michael Burry, investisseur rendu célèbre par The Big Short - AFP

Michael Burry, célèbre investisseur qui a inspiré The Big Short, voit dans les sommes folles de l'IA une bulle. L'homme d'affaires a parié ce jeudi contre les géants du secteur, anticipant une chute des cours à l'avenir.

Ses décisions sont toujours scrutées depuis son coup de génie, en 2007. Michael Burry, l'homme qui avait parié sur la chute de l'immobilier américain et inspiré le film The Big Short, a fait un nouveau pari en 2025. Cette fois, l'Américain qui a tiré 2 milliards de dollars de profits de la crise des subprimes a identifié une nouvelle bulle: celle de l'IA.

Pour la première fois depuis 2023, il a publié un message cryptique sur X, accompagné d'une image de son personnage, interprété par Christian Bale, dans le film sorti en 2015.

"Parfois, on observe des bulles. Parfois, il est possible d'agir. Parfois, la seule stratégie gagnante est de ne pas participer."

Un message à relier au communiqué de son fonds, Scion Asset Management, qui a révélé avoir placé des put options -des options qui donnent le droit, et non l'obligation, de vendre une action à un cours de référence défini à l'avance- sur Nvidia et Palantir. Si l'action chute en-dessous de ce cours de référence (auquel il faut ajouter le prix de l'option), l'investisseur empoche un profit.

Dans le document boursier transmis aux autorités boursières, le prix des "put" sur lesquels a investi le célèbre trader n'est pas communiqué, au même titre que le cours de référence. En revanche, on apprend que ces options portent sur 5 millions d'actions Palantir et 1 millions d'actions Nvidia, qui valent respectivement 187 millions et 912 milliards de dollars (au 30 septembre, date de la déclaration). Bloomberg rappelle également que Michael Burry n'est pas tenu de déclarer toutes ses positions aux autorités boursières. Ainsi, il est possible que les "put" sur lesquels s'est positionné le trader soit de simples instruments de couverture face à d'autres positions, explique encore l'agence.

"On espère les rendre plus pauvres"

Des choix surprenants, alors que Nvidia est devenu la première entreprise de l'histoire à atteindre les 5.000 milliards de capitalisation boursière et que Palantir a annoncé un chiffre d'affaires en hausse de 63% sur un an. Mais Burry voit en ces deux leaders de l'intelligence artificielle le symbole d'une bulle prête à éclater.

Le pari du trader n'inquiète pas les dirigeants du secteur. Il faut aussi préciser que le gestionnaire n'a pas toujours été d'excellents conseils sur les marchés depuis le début de sa célébrité en 2007. Il avait par exemple en 2023 parié sur une baisse massive du marché boursier américain alors que le S&P 500 avait finalement terminé l'année en hausse de 24%.

"Quand j'entends qu'on 'shorte' ce que je pense être l'entreprise la plus importante aux États-Unis, voire dans le monde, c'est juste super motivant. On espère les rendre plus pauvres", a assuré Alex Karp, CEO de Palantir auprès de CNBC, avant de qualifier de "fous" ceux qui pariaient contre sa société.

Plusieurs signes récents ont pourtant inquiété quant au potentiel effondrement du marché de l'IA. Le fait que plus de la moitié du chiffre d'affaires de Nvidia provienne de quatre entreprises - Google, Amazon, Meta, Microsoft - inquiète, au même titre que le scepticisme de certains investisseurs sur la capacité de l'IA à garder un rythme de croissance qui suive le rythme des investissements.

L'IA a déjà chuté sur les marchés asiatiques

Les voix s'élèvent aussi chez les décideurs. Après des mois de placements sur ces sociétés, les CEO de Goldman Sachs, Morgan Stanley et Capital Group ont acté qu'une baisse de 10 à 20% des actions IA est possible, voire "souhaitable" pour "purger les excès".

Les marchés asiatiques ont également frémi ce mercredi dans les secteurs de la tech. Au Japon, l'indice Nikkei a chuté de 2,5%, tandis que le Kospi coréen a perdu 2,9% ce mercredi. La faute aux titres liés à l'IA, qui pèsent très lourd dans ces équivalents locaux du CAC 40 et dont les variations affectent l'ensemble de la performance de l'indice.

Suffisant pour faire dire àDeutsche Bank qu'il existe "un nombre croissant d'observateurs se demandent si nous ne sommes pas au bord d'une correction boursière". Et au bord de l'éclatement d'une bulle, une nouvelle fois prédite par Michael Burry.