Éric Woerth: "la souveraineté financière passe par la réduction des dépenses"

Avec le résultat des élections régionales, la droite française entrevoit une possible victoire aux élections présidentielles de 2022. Quelle serait sa politique économique après une période particulière marquée par la crise Covid et les dépenses publiques pour y faire face?
Sur BFM Business, Éric Woerth, député LR et président de la commission des finances de l'Assemblée nationale, a donné sa position. Selon lui, une politique de rigueur est "nécessaire" afin de ne pas "fragiliser les finances au-delà de la normale"
"Ce qui a été fait est une bonne chose", estime Éric Woerth. "On a aidé l'économie à survivre et on aurait eu la même logique. Mais la dette a augmenté de 1000 milliards d'euros, c'est considérable. On ne peut pas être à la merci des augmentations des taux d'intérêts qui se produiront. 1% d'augmentation c'est pas beaucoup, mais c'est 30 milliards à 10 ans".
Pour l'ex-ministre de François Fillon, au Budget et au Travail, l'augmentation des dépenses fait grimper la dette et fragilise le pays.
"Il en va de la souveraineté du pays. Qu'on ait une souveraineté industrielle ou militaire, bien sûr, mais on doit avoir aussi une souveraineté financière et ça passe par la réduction des dépenses. Ce n'est ni un problème de recette, ni un problème de dette, c'est d'abord un problème de dépenses", avance Éric Woerth.
Le député LR propose de réduction de budgets.
"Il faut hiérarchiser les choses et interroger chaque politique publique sur son efficacité", indique Éric Woerth en citant les politiques d'emploi, l'enseignement, la formation et faire une réforme de la retraite.
"La retraite à 64 ans? Oui bien sûr. (...)", estime l'ancien ministre en proposant de "repousser l'âge en fonction de l'espérance de vie".
"Le jour où vous vivrez 100 ans, vous passerez 40 ans à la retraite? Les actifs payent pour vous. Ils ont déjà assez de charges. Il faudra faire évoluer l'âge en fonction de l'espérance de vie. C'est un truc assez simple et ça devrait être automatique. Il ne devrait même pas y avoir de débat là-dessus", explique le député en proposant en retour d'indexer "les 1000 premiers euros de la retraite sur les salaires".
Autre sujet sensible, la durée du travail.
"Il faut travailler plus, qu'il y ait plus d'heures de travail. Je ne remets pas le débat sempiternel des 35 heures ou des 36 heures multipliées par l'âge du capitaine. Le sujet est de savoir combien il y a d’heures de travail produites en France pour faire vivre le pays et faire fonctionner le système de justice social. Il y a 7 à 8% de chômage en France quand dans d'autres pays c'est 3 ou 4. Le chômage structurel est un problème fondamental".











