Les transports publics norvégiens viennent d'acheter 300 bus électriques chinois: ils viennent de découvrir que le constructeur peut les contrôler à distance
Le drapeau norvégien (photo d'illustration). - Pixabay
Une vulnérabilité a été découverte sur les bus électriques chinois circulant à Oslo, qui peuvent passer sous contrôle de leur constructeur ou de parties tierces, a annoncé mardi l'opérateur des transports publics de la capitale norvégienne. Ruter, l'opérateur, a discrètement testé cet été deux bus électriques, l'un construit par le chinois Yutong l'autre par le néerlandais VDL, dans un cadre isolé à l'intérieur d'une montagne, afin de mesurer leurs ondes électromagnétiques.
"Ce que nous avons découvert, c'est que tout ce qui est connecté, y compris les bus, présente un risque", a déclaré le directeur de Ruter, Bernt Reitan Jenssen, au micro de la chaîne norvégienne NRK.
"Il existe un risque que les fournisseurs puissent en prendre, disons, un contrôle non souhaité, mais aussi que d'autres acteurs puissent s'introduire dans cette chaîne de valeur et influencer les bus", a ajouté Bernt Reitan Jenssen.
Cette vulnérabilité est liée à un boîtier contenant une carte Sim qui permet au constructeur du modèle chinois d'installer à distance des mises à jour logicielles mais aussi, selon des experts, de désactiver le bus, a détaillé le journal Aftenposten. Cette fonctionnalité et donc cette vulnérabilité n'existent pas sur le modèle néerlandais, selon ces mêmes experts.
Les caméras installées sur les deux bus, chinois et néerlandais, ne sont pas reliées à internet et ne transmettent quant à elles pas de données, a précisé Ruter dans un communiqué. Sollicité par l'AFP, Yutong n'a pas réagi dans l'immédiat.
300 bus électriques à Oslo
Ruter dit avoir informé les autorités norvégiennes de ses conclusions et a annoncé des mesures telles que le développement d'un pare-feu numérique pour se prémunir contre le contrôle d'un bus à distance. "Nous tenons à évaluer de manière approfondie les risques liés notamment au fait d'avoir des bus provenant de pays avec lesquels nous n'avons pas de coopération en matière de sécurité", a réagi le ministre norvégien des Transports, Jon-Ivar Nygård. "Ce travail est en cours", a-t-il indiqué à NRK.
Ruter opère quelque 300 bus électriques chinois à Oslo et dans ses environs.












