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Des "acquis", une "honte" mais surtout une victoire pour Jean Castex: l'accord sur les salaires à la SNCF est signé par deux syndicats et sera donc appliqué (la hausse moyenne sera de 2,57% selon la direction)

BFM Business Olivier Chicheportiche
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Sans surprise, Sud-Rail et la CGT Cheminots rejettent les propositions de la direction tandis que l'Unsa-ferroviaire et la CFDT Cheminots les valident.

La condition était claire: la direction de la SNCF souhaitait rallier au moins deux syndicats pour appliquer les mesures issues des NAO 2026, faute de quoi, elles ne le seraient tout simplement pas. Alors que ce mardi 27 janvier est la date limite pour que les organisations syndicales s'expriment, la direction et notamment le nouveau président Jean Castex peuvent se satisfaire d'une victoire. Deux syndicats sur quatre signent en effet l'accord.

Sans surprise, Sud-Rail et la CGT Cheminots rejettent les propositions tandis que l'Unsa-ferroviaire et la CFDT Cheminots les valident.

Une validation qui satisfait la direction de la compagnie.

"Ces signatures illustrent la dynamique de dialogue social nourri et constructif au sein du groupe SNCF, qui a permis, depuis deux ans, la signature de plus de dix accords collectifs (accompagnement des fins de carrière, accompagnement des salariés en situation de handicap, protection sociale complémentaire, pilotage de l’emploi et développement des parcours professionnels)", indique la SNCF dans un communiqué.

Rappelons que la SNCF propose une augmentation générale des rémunérations de 0,5%, répartie en deux temps: +0,25% en juillet et +0,25% en octobre. Surtout, elle propose de mettre en place une garantie de progression salariale annuelle ou GPSA. Sur une année, soit le salarié statutaire gagne un échelon à sa date anniversaire prévue, soit il bénéficie d’une augmentation de salaire de 0,6% au 1er décembre. Pour les salariés contractuels (qui représentent désormais un tiers des effectifs), c’est la prime d’ancienneté qui augmente du même niveau au lieu d’un palier tous les trois ans de 1,8%, de quoi garantir une augmentation annuelle "quoi qu'il arrive", affirme la direction

Concrètement, aucun cheminot n’aura moins de 1,1% d’augmentation en 2026 (0,25 + 0,25 + 0,6) hors augmentations individuelles et promotions, ce qui structure un socle garanti, affirme la direction.​ Enfin, après le versement d'une prime de partage de la valeur de 400 euros en décembre dernier, le groupe octroie "un complément" de PPV de 250 euros versée sur la paie de mars (pour un temps plein). L'intéressement moyen devrait atteindre 1.100 euros. Au total, la direction évalue à +2,57% l'augmentation moyenne avec ces dispositifs.

Du côté des signataires, l'Unsa évoque des "acquis", "du pouvoir d'achat immédiat" pour les cheminots et des carrières "débloquées". "L'Unsa a fait le choix de signer l'accord (qui) permet de rendre les mesures applicables et de garantir à chaque salarié le bénéfice des avancées obtenues", peut-on lire dans un communiqué.

Des "acquis" pour les uns, "une honte" pour d'autres

Pour la CFDT, malgré des réserves sur le niveau de l'augmentation générale "qui n'est pas à la hauteur de l'engagement des cheminots", "c’est en responsabilité que le Conseil National s’est prononcé pour la signature de l’accord" mettant en avant "des améliorations tangibles des conditions de rémunération et de travail".

La CGT estime au contraire que "les propositions de la direction SNCF constituent une véritable provocation envers l’ensemble des cheminots". "Ces mesures accentuent les disparités et augmentent la précarité, en développant des dispositifs de rémunération non pérennes et non assujettis aux cotisations sociales, comme le complément de PPV. Cela se fait au détriment des augmentations générales des salaires, tout en réduisant les indemnités en cas de maladie ainsi que les montants des pensions de retraite", dénonce la centrale.

Même tonalité de la part de Sud-Rail qui évoque "une mascarade". "La direction SNCF communique massivement dans les médias en affirmant que les cheminots auraient bénéficié de plus de 2,56% d’augmentation salariale. C’est faux, c’est une honte et c’est une insulte aux cheminots", peut-on lire dans un tract. "Les autres mesures (primes ponctuelles, forfaits, individualisation, usines à gaz sur les échelons d’ancienneté sans ambition) ne sont pas des augmentations de salaire et servent surtout à masquer l’indigence de la mesure générale".