Début d'année encore difficile pour la SNCF

Depuis maintenant presque deux ans, l'activité à la SNCF joue aux montagnes russes. Chaque vague covid accompagnée de restrictions provoque une chute de la fréquentation, chaque assouplissement ou baisse de l'activité virale fait bondir le remplissage des trains.
Une situation complexe que la SNCF commence à mieux anticiper et maîtriser. C'est le message que s'est attaché à faire passer Christophe Fanichet, PDG de SNCF Voyageurs lors d'une rencontre avec la presse ce vendredi.
Avec la vague Omicron et l'obligation faite aux entrepries d'augmenter la part du télétravail, ce début d'année 2022 n'échappe à cette règle. "Depuis le début de l'année, la fréquentation est de 65% sur le Transilien, 85% sur les TER et 70% sur les grandes lignes (50% chez les professionnels)" par rapport à une année "nominale" indique le responsable.
Les chiffres sont encore moins bons si on se réfère sur les derniers jours. "On observe une chute de 30% des réservations depuis la semaine dernière. En moyenne, le taux d'occupation des trains est de l'ordre de 50% aujourd'hui, d'où la baisse du plan de transport que nous avons annoncé. Les réservations pour les vacances de février sont en recul de 20% (mais on observe peu d'annulations). L'impact Omicron, on le voit depuis le début de l'année", détaille Christophe Fanichet.
Capacité rapide d'adaptation
Pour autant, le transporteur affiche une certaine sérénité au vu de son expérience et de ses observations.
"Il y a désormais des phénomènes qui s'inscrivent dans la durée. Lorsqu'ils le peuvent, les Français reprennent massivement le train et nous savons nous adapter rapidement à ces changements de situation. A Noël, nous avons transporté 5,5 millions de voyageurs, c'est un niveau normal. Les Français ne sont plus attentistes, ils se projettent dans leurs déplacements futurs. Nous avons comptabilisé 750.000 réservations le jour de l'ouverture de la billeterie pour les congés de février, on a vendu 600.000 billets en deux jours lors d'une vente flash. C'est bien que les Français veulent du train", explique le PDG.
La SNCF est également confiante sur sa capacité à attirer des voyageurs à travers sa stratégie résumée par "faire plus simple et moins cher".
Et de mettre en avant le succès de sa carte Avantage avec 3 millions de clients dont 75% de primo-accédants, le forfait télétravail adopté par 5 régions, le lancement prochain de l'application unique SNCF Connect dont l'objectif est d'être dans la poche "de 3 Français sur 4 dans les deux ans qui viennent".
Pour faire "moins cher", la SNCF veut poursuivre dans sa politique de "prix canon" avec des ventes flash, le développement de ses cartes de fidélité et la mise en place d'une formule d'abonnement "TGV Max Senior".
L'opérateur entend également atténuer "les irritants" subis par les voyageurs comme la problématique de la combinaison des offres (correspondances) ou la régularité. "On a progressé mais on doit encore s'améliorer", reconnaît Christophe Fanichet. Un programme dédié doit être prochainement présenté, ils devront convaincre des associations d'utilisateurs très critiques envers le service proposé.
"Préoccupé" par Eurostar
"Je suis confiant pour 2022 sur la mobilité en train même s'il faut être prudent", martèle le dirigeant qui rappelle que l'objectif est de doubler à terme le nombre de clients. Un objectif qui risque néanmoins de se heurter à plusieurs difficultés.
La situation sanitaire on l'a dit a des conséquences immédiates sur le trafic, la chute du nombre de voyageurs professionnels inquiète également. Les pros sont responsables de 40% des revenus voyageurs de la SNCF.
"On ne sait pas encore si cette baisse est structurelle ou pas", s'interroge Christophe Fanichet qui mise sur l'augmentation globale des voyageurs pour compenser les baisses de chiffre d'affaires (également alimentées par les baisses de prix consenties à travers Avantage).
Autre point d'inquiétude, le risque de grève désormais quasi systématique à l'approche de chaque vacance scolaire.
L'ouverture à la concurrence, notamment sur l'axe le plus rentable qu'est Paris-Lyon questionne également. "Plus il y a de ferroviaire, plus les Français prendront le train", estime Christophe Fanichet qui pour le moment n'a pas de chiffres à donner sur l'impact de cette récente arrivée.
Le PDG se dit également "préoccupé" par Eurostar frappé depuis presque deux ans par les restrictions de déplacements entre la France et l'Angleterre. Le train ne transporte que 500 voyageurs par jour actuellement contre 25.000 en temps normal. L'assouplissement de dernières restrictions annoncé ce jeudi est source d'espoir. Mais pour combien de temps?











