"On est en train de se faire envahir": le ministre des PME Serge Papin n'entend pas "laisser faire" l'accord de partenariat entre La Poste et le chinois Temu

"Je vais dénoncer cet accord". Invité sur TF1 ce jeudi, le ministre des PME et du Commerce Serge Papin a déploré le renforcement du partenariat entre La Poste et le géant chinois Temu sur la distribution de colis annoncé le 15 octobre. "Cet accord, je ne vais pas le laisser faire. Je suis surpris, déçu, étonné. (...) Il n'y a pas de raison qu'une entreprise comme La Poste favorise ces plateformes", a dénoncé le ministre.
Le partenariat entre La Poste et Temu est censé renforcer la collaboration logistique entre les deux entreprises et acte notamment "la possibilité pour Temu d'avoir recours, comme tout autre client, à une palette de services de La Poste, de livraison de colis, d'entreposage ou de préparation de commandes", d'après La Poste.
"On est en train de se faire envahir" de colis chinois "et je pèse mes mots. Il faut qu'on résiste", a toutefois déclaré Serge Papin, rappelant que "ce que l’on vit c’est du dumping, c’est une concurrence déloyale" car les produits "ne respectent pas nos normes, ne respectent pas nos ambitions écologiques".
"Éveiller les consciences"
Résultat, les "centres-villes se désertifient", a indiqué le ministre. S'il ne souhaite pas empêcher les Français d'acheter sur les plateformes chinoises, il dit vouloir "éveiller les consciences pour dire qu'il faut qu'on favorise les produits sains, français et qu'on soit respectueux de notre commerce". L'annonce du partenariat entre Temu et La Poste est survenue dans un contexte abrasif en France concernant les plateformes asiatiques d'e-commerce, qui sont accusées d'inonder le marché de produits à prix cassés et non conformes, de concurrence déloyale, de pollution environnementale et de travail indigne.
"Ce partenariat facilite l'accès" de Temu "au marché français, au détriment des enseignes implantées sur le territoire et des règles fondamentales de concurrence loyale", ont réagi dans la foulée de sa signature l'Alliance du commerce et la fédération du commerce spécialisé Procos.
Pour protéger les commerces français, le projet de budget de l'Etat pour 2026 prévoit une taxe sur les petits colis livrés par des entreprises établies hors de l'Union européenne, notamment de Chine.











