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"Mon conseil à ceux qui veulent aller à la Bourse de Paris: ne le faites surtout pas!": le PDG de cette entreprise cotée vieille de 153 ans n'est pas tendre avec la finance française

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Michaël Fribourg estime que l'Europe ne protège pas suffisamment ses industriels et déconseille aux entreprises d'entrer à la Bourse de Paris.

Michaël Fribourg, président-directeur général de la compagnie Chargeurs, était invité de l'émission Good Morning Market sur BFM Business, vendredi 7 novembre.

Controlée à 65% par la famille Fribourg, la compagnie Chargeurs est une des plus anciennes entreprises de France, qui fête cette année ses 153 ans d'existence.

Il s'agit d'une holding industrielle et financière diversifiée possède notamment l'entreprise Novacel, leader mondial des films de procédé pour l'industrie ainsi que de nombreuses entreprises dans le secteur textile, notamment à destination de grands noms du luxe. C'est un leader mondial par exemple les interlinings et les composant pour le luxe ainsi que dans les matières premières comme la laine.

Michaël Fribourg souhaite plus de protection pour les industriels européens

Fatalement, la société est touchée par les droits de douane mis en place par Donald Trump, même si la partie textile du groupe est en "rétablissement graduel", estime Michaël Fribourg, "notamment en Asie et aux Etats-Unis".

"Nous ce qu'on aimerait c'est que l'Europe protège aussi bien ses industriels que Donald Trump essaye de le faire", fait remarquer le PDG, qui dénonce "une déferlante de textiles chinois à bas coûts, qui sont un scandale environnemental, économique et humain et industriel".

"On se demande ce que fait l'Europe? Nous avons à plusieurs reprises dit aux autorités qu'il fallait davantage protéger les industriels européens et nous observons que rien n'a été fait", dénonce Michaël Fribourg.

Le PDG rappelle que 40% des activités directes et indirectes de son groupe se jouent aux Etats-Unis et que son chiffre d'affaires en France, ne représente que 4% de son activité mondiale.

"Nous avons des usines en France, nous sommes un des gros exportateurs français, nous protégeons les emplois en France", ajoute Michaël Fribourg qui affirme que Chargeurs reste "un groupe familial", qui "résonne à long terme".

"Il faut que l'Europe et les industriels européens reviennent dans une culture du long terme", défend le PDG de Chargeurs, qui entre sans 154è année d'existence.

Charge contre la Bourse de Paris

Virulent envers les autorités européennes, le patron l'est davantage encore avec la finance française.

"Si j'ai un conseil à donner aux entreprises qui envisagent de s'introduire à la Bourse de Paris, je leur dis: 'Ne le faites surtout pas !'", met-il en garde en estimant que d'abord "les Français n'aiment pas beaucoup la bourse" et surtout "qu'il n'y a pas de capitaux longs en France, parce qu'il n'y a pas de retraite par capitalisation" et "que les organisateurs eux-mêmes de la Bourse à Paris sont peu enclins à soutenir les valeurs moyennes".

Pour cela, Michaël Fribourg affirme que la compagnie Chargeurs pourrait quitter la Bourse de Paris pour rentrer en bourse ailleurs.

"De toute façon nous on a déjà beaucoup d'actionnaires dans le flottant de la compagnie Chargeurs Invest qui ne vivent plus en France, qui déjà habitent en Angleterre, en Suisse, en Belgique, ailleurs", fait-t-il savoir.

Enfin, Michaël Fribourg a confirmé que l'entreprise Novacel, propriété de Chargeurs, était "extrêmement désirée par des industriels" et que la compagnie examinait "l'opportunité soit de le céder en totalité soit de le garder". "On ne s'interdit rien, on va regarder, on va être opportunistes", conclut-il.