Le gouvernement britannique envisage d'intervenir dans la vente du Telegraph pour préserver une "pluralité suffisante d'opinions"
Le Premier ministre britannique Keir Starmer quitte le 10 Downing Street, au centre de Londres, le 5 février 2025. - Adrian Dennis / AFP
Le gouvernement travailliste du Royaume-Uni a indiqué, mardi 20 janvier, envisager d'intervenir dans le processus de vente du groupe de médias The Telegraph au propriétaire du tabloïd Daily Mail (DMGT), au nom de "l'intérêt public". DMGT avait annoncé en novembre 2025 avoir signé un accord de 500 millions de livres sterling (573 millions d'euros) pour acheter le journal conservateur, une opération qui, si elle allait à son terme, donnerait naissance à l'un des groupes médiatiques de droite les plus puissants du Royaume-Uni.
Ce rachat redessinerait le paysage médiatique britannique, créant une voix dominante de droite, dans un contexte où le parti anti-immigration Reform UK est en tête des sondages, alors que le Premier ministre travailliste Keir Starmer plonge dans l'impopularité. Dans une déclaration écrite au Parlement, la ministre de la Culture Lisa Nandy indique considérer notamment les enjeux de "pluralité suffisante d'opinions" et de "pluralité suffisante des personnes ayant le contrôle" en cas d'aboutissement de la transaction.
Le gouvernement s'en est déjà mêlé
Elle a adressé un courrier aux différentes parties impliquées et attend des précisions de leur part d'ici le 26 janvier. Propriété depuis 2004 de la richissime famille Barclay, le Telegraph a été mis en vente d'office fin 2023 par la banque Lloyds pour éponger de lourdes dettes. Début novembre, le fonds américain RedBird avait retiré une offre pour prendre le contrôle du groupe, plongeant une nouvelle fois le titre dans l'incertitude.
Auparavant, une coentreprise entre Redbird et le fonds d'investissement dans les médias d'Abou Dhabi (IMI), Redbird IMI, avait passé un accord avec la famille Barclay et remboursé sa dette en échange d'une option pour prendre le contrôle de l'entreprise. Mais la perspective de voir un fonds émirati contrôler l'une des publications les plus influentes au Royaume-Uni avait inquiété le gouvernement britannique, alors conservateur.
Il avait décidé de légiférer pour bloquer la prise de contrôle de journaux britanniques par des États étrangers. Redbird IMI avait jeté l'éponge en avril 2024. DMGT a promis que le Telegraph resterait indépendant sur le plan éditorial de ses autres titres. Il est également propriétaire de Metro, The I Paper et New Scientist.












