Le fonds souverain norvégien ne cède pas au chantage d'Elon Musk: il votera contre le plan de rémunération de 1.000 milliards de dollars pour le patron de Tesla

Le fonds souverain norvégien va dire "non" à Elon Musk. Le septième actionnaire de Tesla (1,12% des parts) a en effet déclaré qu'il voterait contre le nouveau plan de rémunération du milliardaire, qui sera présenté aux actionnaires du constructeur automobile le 6 novembre. Il pourrait conduire à verser jusqu'à 1.000 milliards de dollars à Elon Musk, en actions et sur 10 ans, si Tesla parvient à atteindre, sous sa direction, des objectifs particulièrement élevés. Le milliardaire menace de quitter l'entreprise si sa rémunération n'est pas acceptée. Selon le New York Times, elle renforcerait sa participation dans Tesla à 29%.
"Bien que nous apprécions la valeur significative créée grâce au rôle visionnaire de M. Musk, nous sommes préoccupés par le montant total de la prime, la dilution et le manque de mesures d'atténuation du risque lié à la personne clé, conformément à notre position sur la rémunération des dirigeants", a déclaré le fonds souverain norvégien sur son site web.
Sans aller jusqu'à verser 1.000 milliards de dollars, le plan prévoit des objectifs facilement atteignables et très bien rémunérés, selon Reuters qui a soumis le projet à une dizaine d'experts. En atteignant seulement deux des objectifs les plus faciles, et avec une croissance boursière modeste, l'agence précise que Musk empocherait 26 milliards de dollars, soit plus que la rémunération cumulée à vie de huit PDG richissimes comme Mark Zuckerberg (Meta), Larry Ellison (Oracle), Tim Cook (Apple) ou Jensen Huang (Nvidia). Reuters ajoute aussi que Musk ne pourrait en fait obtenir "que" 878 milliards de dollars au maximum puisque le coût des actions serait déduit au moment de leur transmission.
Doutes sur son investissement
Reuters note que les principaux actionnaires (Blackrock, Vanguard...) ne se sont pas encore exprimés. Le fonds souverain norvégien, dont les parts dans Tesla sont valorisées à hauteur de 17 milliards de dollars, s'était déjà opposé à un précédent plan de rémunération de Musk à 56 milliards de dollars en 2018. Approuvé par le conseil d'administration et une large majorité des actionnaires de Tesla, ce plan a depuis été rejeté par la justice du Delaware.
La présidente du conseil d'administration de Tesla fait le forcing auprès des actionnaires pour qu'ils valident le plan de rémunération d'Elon Musk. Mais, outre son montant faramineux, certains actionnaires redoutent un désinvestissement du milliardaire, déjà critiqué pour avoir délaissé la gestion de ses entreprises, dont Tesla, lors de son passage à la Maison Blanche, où il était à la tête du "Doge", l'agence chargée de dégraisser les finances publiques.
Le bénéfice de Tesla a baissé de 37% au dernier trimestre, alors que le constructeur a proposé des remises importantes pour booster ses ventes de voitures électriques, freinées par la disparition d'une aide fédérale à l'achat. Musk essaye de convaincre les actionnaires de lui faire confiance en mettant en avant les projets de sa société, en particulier dans la conduite autonome.
"Je pense que les gens ne se rendent pas vraiment compte de l'ampleur que cela va prendre — honnêtement, ça va être comme une onde de choc", a-t-il récemment déclaré lors de la présentation des résultats de Tesla.











