Toujours plus cher: le luxe n'en finit plus d'augmenter ses prix

La flambée des prix dans le luxe s'arrêtera-t-elle un jour? Le secteur gonfle régulièrement ses tarifs. Une manière accroître la désirabilité de ses produits. Car plus une pièce est chère, plus elle est difficile d'accès et donc, plus elle devient rare.
Louis Vuitton change ses étiquettes deux fois par an. Mais la dernière hausse survenue cette semaine atteint des niveaux rarement observés. Selon PurseBop, un site de suivi du marché du luxe, l'augmentation se situerait entre environ 4% pour le bas de la gamme et 15% à 18% en moyenne dans le haut de gamme.
A titre d'exemple, le prix du célèbre sac Speedy a bondi cette semaine de 14%, et celui du cabas Nerverfull de 21%, le faisant passer à 1500 euros.
Des augmentations spectaculaires que la marque peine à justifier. "L'ajustement des prix prend en compte les changements dans les coûts de production, les matières premières, le transport ainsi que l'inflation", assure Louis Vuitton dans un communiqué.
Si la crise sanitaire a bien perturbé les chaînes de production, la hausse des coûts de production n'atteint certainement pas plusieurs centaines d'euros par produit. A titre de comparaison, en 2020, Louis Vuitton avait augmenté ses prix d'environ 8%, soit bien moins que cette année.
En novembre, Chanel avait justifié de la même manière deux augmentations successives du prix de l'un de ses modèles phares, pour un total de près de 2000 euros.
Le luxe ne connaît pas la crise
Les marques de luxe communiquent peu sur ces hausses. Dans le secteur, le "pricing power", le pouvoir de fixation des prix sans que cela n'affecte la demande, est très présent. Car si la marque réussit à améliorer son image, son positionnement et donc sa valeur, la clientèle fidèle suit. Mais il y a tout de même un risque qu'à terme, les clientèles européennes ne puissent plus suivre.
Dans le luxe, les marges sont excellentes et préservées même en cas de crise. Le secteur n'a d'ailleurs pas été très ébranlé par le contexte sanitaire. Le groupe Kering (Gucci, Balenciaga, Yves Saint Laurent...) a publié ses résultats ce jeudi. Son bénéfice net grimpe à 3,2 milliards d'euros en 2021, dépassant ses performances d'avant-crise.
Même constat pour LVMH, dont le chiffre d'affaires a progressé de 20% par rapport à 2019. Et c'est une nouvelle fois la Mode & Maroquinerie qui a été la plus dynamique, avec des ventes en expansion de 46% sur un an. Les résultats du groupe Hermès sont attendus ce vendredi mais s'annoncent excellents.











