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Spéculation sur un rachat de Spie par Eiffage

BFM Business Matthieu Pechberty , Journaliste BFM Business
Spie redécolle en Bourse

Spie redécolle en Bourse - Spie

Après le rachat d’Equans par Bouygues, les deux industriels Eiffage et Spie pourrait se marier. Le secteur des services à l’énergie est destiné à se consolider.

Tous les yeux sont désormais rivés sur Spie. Quelques jours après le rachat d’Equans par Bouygues, le dernier indépendant du secteur suscite les convoitises. Avec 7 milliards d’euros de chiffre d’affaires et surtout 6% de rentabilité, Spie se place au centre du jeu. Et tous les acteurs du secteur spéculent déjà sur son rachat par l’autre perdant de l’opération: Eiffage.

"Bouygues met mécaniquement la pression sur son rival, explique un des candidats malheureux au rachat d’Equans. Eiffage va se jeter sur Spie".

Valorisé 3,5 milliards d’euros en Bourse, Spie semble plus à la portée d’Eiffage qui ne pouvait pas, comme Bouygues, débourser 7 milliards d’euros pour Equans. Le secteur des services à l’énergie est en pleine consolidation. Vinci fait la course en tête après le rachat de la filiale du groupe de BTP espagnol ACS. Juste derrière, Bouygues vient de se hisser à son niveau en rachetant Equans. Suivent loin derrière Spie et Eiffage.

Une approche en début d'année

Depuis plusieurs années, Bouygues et Eiffage tentaient de rattraper Vinci. Les deux groupes de BTP convoitaient Equans... mais aussi Spie depuis longtemps. Selon nos informations, ils avaient déjà approché Spie en 2018, "quand le cours de Bourse était bas" commente un proche de l’entreprise. Mais les actionnaires de l’époque, notamment la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ), demandaient un prix élevé.

Ces derniers mois, la mise en vente d’Equans avait relancé leurs appétits pour Spie. "Bouygues et Eiffage sont revenus nous tester en début d’année", explique une source proche de l’entreprise. A l’origine, Bouygues préférait d’ailleurs mettre la main sur Spie, certes plus petit, mais déjà plus structuré et plus rentable qu’Equans. "Le PDG nous a dit qu’il n’était pas vendeur", explique un proche de Bouygues. "C’était un refus poli car le prix proposé était trop bas, nuance un proche de Spie. Gauthier Louette jouait sa montre car il savait que le prix de vente élevé d’Equans lui profiterait aussi". Contactés, Spie et Eiffage ne nous ont pas répondu.

Les Peugeot prêts à vendre

Eiffage, moins agressif que Bouygues lors de la vente d’Equans, semblait lui aussi préférer Spie. Sa culture de groupe décentralisé, capable de faire évoluer une filiale de manière autonome pourrait aussi séduire Spie et ses dirigeants. Âgé de 60 ans, Gauthier Louette, est PDG depuis dix ans et son mandat doit être renouvelé en mai prochain. Il détient 1,5 % du capital de Spie aux côtés des autres managers qui se partagent 1 %. Une vente serait aussi financièrement avantageuse pour eux.

Les autres actionnaires sont a priori vendeurs. Le premier, la famille Peugeot, ne compte que 5,3% du capital depuis 2017. A l’époque, le cours de Bourse flirtait avec les 25 euros contre 21 euros aujourd’hui… Alors que les analystes les plus optimistes tablent sur une action à 28 euros, une offre de rachat nécessiterait une prime importante pour être acceptée par les Peugeot.