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Avions de combat, artillerie, défense antimissiles… Israël s’approvisionne majoritairement chez son allié américain (et aimerait que ça change)

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Alors que Benjamin Netanyahu a annoncé un plan d’investissement de 110 milliards de dollars sur 10 ans pour renforcer l’industrie de défense israélienne et la rendre la moins dépendante possible aux achats "sur étagère" (à des entreprises étrangères), la dépendance du pays aux armements américains reste prépondérante.

Des avions de combat F-35, des missiles antichar Hellfire, des véhicules Humwee… Les équipements américains dans l'inventaire militaire d'Israël sont majoritaires. Alors que Benjamin Netanyahu a annoncé le 24 décembre 110 milliards de dollars d'investissements pour renforcer son industrie de défense et ainsi s'affranchir le plus possible des dépendances étrangères, force est de constater que le soutien de l'allié américain en matière d'armement reste prépondérant.

Depuis 1948, les États-Unis ont fourni à Israël "plus de 130 milliards de dollars d'aide bilatérale", indique le département d'État américain sur son site. "Israël est le premier bénéficiaire mondial de l'aide américaine en matière de sécurité au titre du programme Foreign Military Financing (FMF)." Les accords de coopération sont formalisés par un protocole d'accord, qui court de 2019 à 2028 et qui prévoit que les États-Unis fournissent une enveloppe de 3,3 milliards de dollars par an dans le cadre du FMF et 500 millions pour les programmes de coopération en matière de défense antimissile.

Selon les données du département d'État datées d'avril 2025, les États-Unis comptabilisaient 751 contrats actifs de ventes militaires à Israël, pour une valeur totale de 39,2 milliards de dollars. En septembre, Associated Press chiffrait à 12 milliards de dollars le montant de l'aide approuvée par l'administration Trump depuis début 2025.

Le Wall Street Journal a par ailleurs révélé au mois de septembre un projet de vente de 6 milliards de dollars, comprenant 30 hélicoptères d'attaque AH-64 Apache et 3.200 véhicules d'infanterie.

Une large gamme d'équipements militaires

Les États-Unis sont de loin le plus gros fournisseur d'armement à Israël, ils représentaient 65,6% du total des ventes en 2023, selon les données du Stockholm International Peace Research Institute, cité par la BBC.

Parmi les équipements américains de l'inventaire israélien, Flightglobal liste des avions de combat F-15, F-16, F-35, des hélicoptères de combat AH-64, mais aussi des avions de transport (C-130H/J), de missions de renseignement et de surveillance (G550, Gulfstream V, King Air 200), des avions ravitailleurs (Boeing 707, KC-46A, KC-130H), des hélicoptères (CH-53, S-70), ainsi que des avions de formation et d'entraînement (F-15/16, T-6A, King Air 200.

Les États-Unis ont également fourni un nombre important de bombes guidées et non-guidées, d'obus de 155 mm et de munitions, rapporte la BBC. Des ventes de missiles air-air et de mortiers de 120 mm ont été approuvées en septembre 2024. En février 2025, les États-Unis ont approuvé plusieurs ventes de bombes, de kits de guidage, de missiles antichar Hellfire mais aussi de bulldozers.

La coopération américano-israélienne est également importante en matière de défense antimissiles, les États-Unis ayant contribué à la construction du bouclier Iron Dome israélien (Trump ayant d'ailleurs déclaré vouloir s'en inspirer pour son projet de "dôme doré"). Ce système de défense antimissile repose entre autres sur des équipements développés conjointement entre des industriels des deux pays, comme le système d'interception moyenne-longue portée David's Sling (RTX et Rafael) ou encore le missile antibalistique Arrow 3 (Boeing et Israel Aerospace Industries).