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Confirmé à la tête de la RATP, Xavier Piechaczyk arrive dans un climat tendu

BFM Business Olivier Chicheportiche
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Le Parlement a accordé mercredi son feu vert à la nomination de l'actuel président de RTE, le gestionnaire français d'électricité.

Le dernier obstacle est levé. Suite à la proposition d'Emmanuel Macron et aux auditions devant les députés et les sénateurs, le Parlement a accordé ce mercredi son feu vert à la nomination de Xavier Piechaczyk à la tête de la RATP. Sa candidature a reçu 74% des votes positifs des sénateurs votants de la Commission du développement durable, et 65% des suffrages des députés, selon les résultats du scrutin transmis à l'AFP.

Xavier Piechaczyk, 56 ans, est aujourd'hui le président du directoire de RTE, le gestionnaire national du réseau de transport d’électricité. Ingénieur en chef des ponts, des eaux et des forêts, diplômé de l’Ecole nationale des travaux publics de l’Etat et de l’Ecole nationale des ponts et chaussées, il est également docteur en sciences politiques.

Il a été conseiller de François Hollande, alors président de la République et de son Premier ministre Jean-Marc Ayrault entre 2012 et 2015, en charge de l'énergie, des transports, du logement et de l'environnement. Auparavant, en tant que directeur adjoint des services de transport, il était chargé de la réglementation, de la sécurité, de la sûreté et des aspects sociaux des transports terrestres (chemins de fer, transports urbains, transports routiers de marchandises et de voyageurs et grands ports maritimes).

Tensions internes

L'homme connaît donc bien le secteur des transports et il devrait s'inscrire dans la lignée de son prédécesseur, Jean Castex. Pour autant, cette nomination intervient à un moment très sensible pour la RATP, confrontée comme la SNCF, à la fin de son monopole et à l'ouverture à la concurrence qui va s'étaler sur des années. Dans ce cadre, quand la régie autonome des transports parisiens remporte un lot, elle doit créer une nouvelle filiale où les salariés sont transférés sur la base du volontariat. Cette filialisation massive inquiète les syndicats et créé de fortes tensions en interne car elle remet en cause les accords sociaux passés après une période de transition.

Ces filiales représentaient 27% du chiffre d’affaires en 2024, elles dépasseront 50% dès 2027.

"Si les engagements de service public ont été réaffirmés, la CFE-CGC Groupe RATP attend désormais des réponses concrètes sur les enjeux essentiels de la transformation en cours, dans un contexte d’ouverture à la concurrence et de mutation profonde de l’entreprise", indique notamment le syndicat CFE-CGC du groupe.

"Face au détricotage de notre modèle intégré et à l’inversion rapide du poids des filiales dans l’activité du Groupe, nous avons besoin d’un président qui sache fédérer, protéger les intérêts de l’entreprise et préserver l’humain au centre des décisions. Nous rappelons avec force que rien ne pourra se construire sans les salariés et les managers, première richesse d’un service public", prévient Fabien Renaud, Président de la CFE-CGC RATP.

A échéance plus lointaine, le potentiel patron devra déterminer la stratégie du groupe dans les nouvelles ouvertures à la concurrence qui se dessinent: les tramway en 2030 puis le métro en 2040.

Des TER exploités par la RATP en Normandie

Dans le même temps, Xavier Piechaczyk est attendu sur le terrain de l'international, l'entreprise gère en effet des réseaux de transports dans 16 pays sur les cinq continents. Ou encore sur celui du matériel puisqu'il faudra gérer l'arrivée délicate de nouveaux matériels roulants sur son réseau. Le nouveau métro MF19 construit par Alstom ira d'abord sur la ligne 10 puis sept autres lignes (7 bis, 3 bis, 13 d'ici 2027, puis 12, 8, 3 et 7 d'ici 2034).

Enfin, la RATP sera observée de près lors de ses premiers pas dans les trains régionaux (TER). Sa filiale RATP Dev pour exploiter les transports ferroviaires autour de Caen en Normandie à partir de 2027 en remplacement de SNCF Voyageurs dans le cadre de l'ouverture à la concurrence. Ce choix est d'ailleurs fortement contesté par les syndicats locaux et certaines associations d'usagers.