C'était l'un des projets phares de la précédente direction: Renault fait marche arrière sur Ampère, sa filiale dédiée à l'électrique

Le Renault de François Provost prend forme: le nouveau patron du groupe travaille activement à la préparation de son plan stratégique, qui sera dévoilé en mars. En attendant la direction commence à rencontrer les organisations syndicales pour donner de premières orientations. Un premier rendez-vous était prévu ce mercredi 21 janvier pour acter d'un coup de frein sur l'électrique avec en ligne de mire le retour en arrière sur Ampère, un des projets phares de l'ère Luca de Meo.
Retour sous la tutelle directe de Renault
La continuité, c'était pourtant la promesse de François Provost, le directeur général de Renault depuis l'été dernier, mais beaucoup parlent maintenant de rupture avec Luca de Meo.
Exemple le plus frappant: c'est le détricotage d'Ampère, la filiale 100% électrique du groupe. Luca de Meo voulait l'introduire en Bourse, mais l'opération avait été abandonnée début 2024, faute d'avoir obtenu une valorisation suffisante sur les marchés. Renault avait alors estimé aussi disposer de capacités financières propres suffisantes pour développer l'entité.
En fin d'année dernière, les ingénieries d'Ampère et de Renault ont déjà été réunifiées. Nouvelle piste désormais: sortir les sites industriels du nord de la France, comme Maubeuge, Douai ou Ruitz du giron d'Ampère et les faire revenir sous la tutelle de Renault.
"Cette unité va rester, va être consolidée au sein de notre ingénierie pour amener de l'expertise, mais fera partie intrinsèquement de l'ensemble des activités du groupe", expliquait Fabrice Cambolive, directeur de la croissance du groupe, sur BFM Business mardi 20 janvier.
Réduction des ambitions sur l'électrique
Les syndicats devraient en savoir plus dès aujourd'hui, lors d'un rendez-vous avec la direction pour évoquer cet "Ampère 2.0". Dans les usines, on sent bien que le vent a tourné: l'électrique, encore plus depuis le revirement de Bruxelles sur la sortie du thermique, a beaucoup moins la cote.
L'usine de Maubeuge destinée à se convertir au tout électrique pourrait finalement continuer à produire aussi du thermique. Quant au site de Cléon, qui devait à terme ne fabriquer que des moteurs électriques, mais qui peine à remplir ses lignes de production produira finalement des drones pour l'armée française.











