Après le rachat par Next, des recours toujours plus complexes pour les clients de Made.com

Ce qui pouvait être une bonne nouvelle ne devrait finalement pas en être une. Made.com, dont la faillite a engendré la nomination d'administrateurs par le bureau britannique de PricewaterhouseCoopers (PwC), a été racheté par le groupe britannique textile Next.
Mais ses dettes ne seront elles, pas reprises: seuls la marque déposée, les noms de domaine et la propriété intellectuelle du site et des modèles ont été repris, pour un chèque de 3,9 millions d'euros (3,4 millions de livres). Le tout, via une filiale opérationnelle, MDL. En somme, Next ne rachète pas Made.com mais se sert bien plutôt sur les quelques actifs encore attractifs.
Cet argent devra permettre de renflouer les caisses de la structure, mais ne devrait pas transiter jusqu'aux consommateurs: en cas de liquidation, ils ne sont pas les créanciers prioritaires juridiquement.
Le paiement des dettes de Made.com se fera en fonction du statut des créanciers de l’entreprise et de leur rang (les créanciers dits « privilégiés » ou « secured creditors » étant payés en priorité par rapport aux autres): les clients ne sont pas prioritaires et ne pourront éventuellement être remboursés que s’il reste des liquidités une fois les autres créanciers payés", indique ainsi à BFM Business Paul Vialard, avocat spécialiste des questions de consommation.
Les créanciers de la firme sur le volet financier - investisseurs notamment - passent ainsi en premier, les salariés viennent ensuite. Les clients sont les derniers à être remboursés, le plus souvent.
Des livraisons au bon vouloir des transporteurs
La communication de PwC laisse en outre entrevoir deux cas de figures: les clients dont les commandes ont quitté les entrepôts "sont en train d'être livrés", précise un communiqué, alors que Made.com avait brutalement suspendu sa communication sur ce point avant la nomination des admnistrateurs, et que la situation n'était pas éclaircie depuis. 4500 commandes seraient concernées.
Mais le cabinet souligne un point important: les livraisons se feront via "des fournisseurs de services de livraison qui ont accepté de continuer à soutenir la société": autrement dit, des compagnies de transport qui auraient décidé de ne pas livrer - parce qu'elles n'ont pas été réglées pour ces livraisons, par exemple - pourraient ne pas s'exécuter. Contacté, le transporteur VIR, principal lien avec Made.com sur le marché français, n'a pas répondu à nos sollicitations. Il avait suspendu ses livraisons la semaine passée sur ordre de la compagnie, et attendait des instructions.
Pour les clients dont les commandes ne sont pas en livraison, PwC est encore plus laconique.
Une grande partie des commandes des clients sont encore en Asie, à différents stades de production. En raison de l'entrée en liquidation de l'entreprise, ces articles ne peuvent être achevés et expédiés aux clients", résument les administrateurs.
Pour eux, la commande semble perdue, et avec elle, l'argent payé. Made.com souligne n'effectuer ni annulations, ni remboursements.
Des remboursements par PayPal
Alors que les solutions demeurent peu nombreuses, des clients ont obtenu quelques résultats via PayPal, qui propose sa propre solution de remboursement dans ce type de cas. Côté banques, les explications sont plus complexes. Et pour cause, "il s’agit d’une société britannique qui fait l’objet d’une procédure spécifique au droit applicable au Royaume-Uni", souligne Paul Vialard.
Une explication que Kirsten Vangsgaard, ne comprend pas complètement, côté consommateurs. Elle-même victime de la faillite de Made.com, elle a créé un groupe Facebook où se rassemblent plusieurs centaines de clients.
Made.com a bien un établissement en France, et on apprend que c'est une société britannique arrivé au moment de la confirmation de la commande, seulement. Par ailleurs, elle a bien un établissement en France, et cite le droit français dans ses conditions générales d'utilisation..."
La banque en ligne Oney, qui permet des paiements fractionnés en trois ou quatre fois sans frais, demeure tout aussi inflexible, soulignant qu'elle a payé Made.com et veut se faire rembourser quoi qu'il advienne.
Pour tenter de peser, le groupe de consommateurs de Kirsten Vangsgaard a recours à une avocate spécialiste de ces questions.
On se regroupe pour négocier avec PwC, indique-t-elle. Individuellement, nos demandes n'ont aucun aucun poids. On toucherait peut-être deux euros dans trois ans."
Selon un recensement mené dans le groupe, le montant moyen perdu par les clients lésés avoisinait les 1000 euros.











