BFM Business

C'est le jour de son anniversaire et il y a une conjonction de planètes rare: Elon Musk souhaiterait introduire SpaceX en Bourse le 28 juin prochain (ce serait un joli "cadeau" à 300 milliards de dollars pour lui)

BFM Business Frédéric Bianchi
Elon Musk continue de tabler sur des premiers lancements vers Mars dès 2026.

Elon Musk continue de tabler sur des premiers lancements vers Mars dès 2026. - Brandon Bell

Elon Musk envisagerait une introduction en Bourse historique de SpaceX en 2026, potentiellement le 28 juin qui est le jour de son anniversaire et correspond à une période d'alignement planétaire rare, pour une valorisation pouvant atteindre 1.500 milliards de dollars. Mais de fortes incertitudes financières et un calendrier jugé très serré par les investisseurs pourrait compromettre la volonté du milliardaire.

Elon Musk envisage une entrée en bourse de SpaceX pour le moins inhabituelle. De l'aveu même du milliardaire, c'est en 2026 que l'entreprise devrait être mise en orbite boursière, ce qui promet d'être la plus importante IPO (introduction en Bourse) de l'histoire avec une valorisation estimée à 1.500 milliards de dollars.

Reste la question: quand en 2026? Le fantasque Elon Musk ne semble pas vouloir prendre une date au hasard. Selon le Financial Times qui cite cinq sources proches du dossier, le patron du groupe spatial aurait proposé de programmer l'introduction de l’entreprise au 28 juin prochain.

Pourquoi cette date? D'abord parce qu'il s'agit de son anniversaire. L'entrepreneur est né le 28 juin 1971 à Pretoria, en Afrique du Sud. Si SpaceX entre en Bourse à cette date et si la valorisation atteint bien les 1.500 milliards de dollars, Musk se ferait un beau cadeau d'anniversaire à près de... 300 milliards de dollars. Le fondateur de la société spatiale détient en effet 42% du capital de l'entreprise; selon un document déposé à la Commission fédérale des communications américaine en septembre 2025.

Or la valorisation de SpaceX est actuellement estimée à environ 800 milliards de dollars, depuis une vente secondaire d'actions en décembre 2025. Le capital détenu par l'homme d'affaires est donc d'environ 330 milliards de dollars. En entrant en Bourse, ces 42% pourraient être valorisés 630 milliards de dollars (dans l'optique d'une valorisation à 1.500 milliards). D'où le "cadeau d'anniversaire" à 300 milliards de dollars.

Mais cette date a aussi une autre signification. Elle coïncide avec un alignement planétaire rare. À partir de la mi-juin 2026, Jupiter et Vénus seront en conjonction, cela veut dire qu'elles seront très proches dans le ciel terrestre (une largeur de puce les séparera) et formeront un duo spectaculaire de planètes brillantes (Venus étant le plus étincelante et Jupiter la plus grosse du système solaire). Quelques jours plus tard, Mercure devrait également s’aligner en formant une ligne oblique avec ces deux planètes, un phénomène astronomique qui n’avait pas été observé depuis plus de trois ans. Une symbolique qui, semble-t-il, aurait séduit Elon Musk.

Un calendrier trop serré?

Sur le plan financier, l’opération serait d’une ampleur inédite. SpaceX ambitionnerait de lever jusqu’à 50 milliards de dollars, pour une valorisation d'environ 1.500 milliards de dollars.

Un chiffre qui -s'il devait s'avérait exact- dépasserait très largement le record détenu par Saudi Aramco, qui avait levé 29 milliards de dollars lors de son introduction en bourse en 2019. Pour mener cette opération, l’entreprise se serait entourée des plus grandes banques américaines que sont Bank of America, Goldman Sachs, JPMorgan Chase et Morgan Stanley.

La demande peu conventionnelle de Musk illustre une nouvelle fois l’influence personnelle du milliardaire sur la stratégie du groupe. Il est connu pour mêler provocation et communication décalée dans ses décisions commerciales. En 2018, il avait ainsi évoqué sur X un retrait de Tesla de la Bourse à 420 dollars l’action, un chiffre largement interprété comme une référence au 20 avril, date symbolique pour les consommateurs de cannabis.

Pour autant, plusieurs banquiers et investisseurs jugent le calendrier de juin particulièrement serré. L’entreprise doit encore déposer un formulaire S-1 auprès de la Securities and Exchange Commission (SEC) et organiser une vaste tournée de présentation internationale. À cela s’ajoute un environnement de marché jugé instable, notamment en raison des menaces répétées de Donald Trump d’imposer de nouveaux droits de douane et de ses tentatives d’influencer la politique monétaire de la Réserve fédérale.