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EDITO. La meilleure arme contre la pauvreté: le libre-échange

BFM Business Raphaël Legendre
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L'OMC vient de publier son rapport annnuel. Grâce aux accords de libres-échange, l'extrême pauvreté a chuté de 30 points en trente ans. Du jamais vu dans l'histoire de l'humanité.

L'Organisation mondiale du commerce fêtera ses trente ans le 1er janvier. Un triste anniversaire tant le libre-échange est passé de mode.

À l’heure de l’affrontement des grands blocs, du recul du libéralisme et de la montée de l'étatisme, on construit des murs aux frontières, on monte des barrières douanières, on pense que le protectionnisme protège alors qu’il pave la voie à une guerre commerciale dont la seule voie de sortie est un appauvrissement généralisé.

L’Edito de Raphael Legendre :Trente ans de mondialisation, quel bilan ? - 12/09
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En France le libre-échange est devenu un gros mot. Les politiques de tous bords surfent désormais sur l'air temps, jusqu'à remettre en cause le CETA, appliqué depuis 7 ans et dont les nombreux bienfaits pour l’économie française ne sont plus à prouver. O tempora, o mores.

Bilan historique

C'est faire fausse route. Dans son rapport annuel publié le 9 septembre, l'OMC tire le bilan chiffré de trente années de libre-échange. Le résultat sur la baisse de la pauvreté est spectaculaire. Quelques chiffres glanés au long des pages:

  • Depuis 1995, le PIB mondial a augmenté de près de 7% grâce à l'essor du commerce et de 33 % dans les économies à faible revenu.
  • La croissance annuelle supplémentaire pour les pays qui ont entrepris des réformes dans le cadre de leurs négociations d’adhésion à l’OMC est d'environ 1,5%. Le revenu moyen des populations y a triplé.
  • L'essor du libre-échange, c'est surtout u recul historique de l’extrême pauvreté dans l’histoire de l’humanité, passée en trente ans de 40 % à moins de 11 %. Du jamais vu ! (Même en excluant la Chine, cette proportion a chuté de 36 % à moins de 14 %).

Ces résultats sont en grande partie dus au développement du commerce mondial. Un commerce mondial qu'il faut rendre plus inclusif et qui doit être complété par des politiques domestiques appropriées, comme l’éducation ou l’amélioration des infrastructures.

Mais encadré et soutenu par des politiques appropriées, le libre-échange demeure un puissant levier de réduction de la pauvreté et de création de prospérité partagée.