Edito. Election américaine: une chance pour l’Europe

Quel que soit le résultat de l'élection américaine, tachons de faire de l'élection présidentielle américaine une opportunité pour rendre l’Europe plus indépendante, plus souveraine et plus forte.
Car ne soyons pas dupes. Que Kamala Harris ou Donald Trump soit élu 47e président des Etats-Unis, le renfermement de l'Amérique sur elle-même va perdurer avec tout ce que cela comprend: rejet du multilatéralisme, compétition stratégique agressive, guerres commerciales.
Pourquoi Washington changerait-elle de ligne économique? Elle est gagnante. Depuis la crise de la Covid, l’économie américaine a progressé de plus de dix points quand la croissance européenne a fait moins de 5% et la française 3,7%.
Comme un électrochoc pour l'Europe?
Alors en quoi l’élection américaine est-elle une chance pour les Européens?
Parce que l’Europe n’avance que par crises successives et que notre décrochage économique représente aujourd’hui une véritable menace existentielle. Les opinions publiques ne s’en rendent pas encore compte, mais nous sommes sur le point de disparaître de l’image sur la scène internationale.
L’élection d’un Donald Trump à la Maison Blanche sonnerait comme un électrochoc sur le Vieux continent. On n’est jamais aussi solidaire que face à une menace commune.
L’affaiblissement de l’Europe n’est pas une fatalité. Mario Draghi l'a écrit dans son rapport en septembre, "l’Europe dispose des bases nécessaires pour devenir une économie hautement compétitive".
Nous sommes le premier marché du monde avec 450 millions de consommateurs contre 330 millions aux Etats-Unis. Nous disposons d’une économie ouverte, d'un degré élevé de concurrence, d'un cadre juridique solide et de politiques actives de lutte contre la pauvreté et de redistribution des richesses.
Trois défis: sécurité, productivité, énergie
Mais nous avons aussi plusieurs défis à relever.
Sécuritaire d’abord: nous ne pouvons plus passer des nuits blanches tous les quatre ans à attendre de savoir qui sera président des États-Unis et si les Européens seront défendus. Nous devons absolument mettre en place une politique de défense communautaire.
Economique ensuite: il faut parfaire le marché unique, créer une véritable union des marchés de capitaux, accélérer sur l’innovation et la recherche, relancer notre productivité et arrêter de réguler tout ce qui bouge en permanence. Un exemple: 3.500 lois ont été adoptées par le Congrès américain entre 2019 et 2024... Ce sont 13.000 actes qui ont été produits au niveau européen.
Le dernier défi est celui de l’énergie et de la décarbonation. L’économie européenne souffre d’un prix trop élevé de l’énergie. Le développement du nucléaire et des énergies vertes est une porte de sortie.
Les Etats-Unis vont avoir un nouveau président. Nous allons avoir une nouvelle Commission. C’est le moment pour nous, Européens, de définir une nouvelle position commune vis-à-vis des Etats-Unis. Ce ne sera pas simple, mais tachons ce ne pas rater cette opportunité.












