Malgré la réforme de 2023, les déficits du système de retraite persistent

Dans un rapport dont la publication a été différée pour ne pas interférer avec la période électorale, le Comité de suivi des retraites, organe consultatif rattaché au Premier ministre, pointe la persistance d'un système des retraites en déficit. Et ce malgré la mise en oeuvre de la réforme de 2023, qui décale l'âge légal de départ. Seules les années 2021 à 2023 auront été "passagèrement et légèrement excédentaires", relève l'avis.
Selon les projections du Comité de suivi, le système de retraites serait déficitaire pour atteindre 0,5 points de PIB sur un horizon de 25 ans. Il met en avant plusieurs raisons à cette situation, notamment une trajectoire macroéconomique de court-terme moins favorable qu'attendue et une revalorisation des petites pensions qui contrebalance à court-terme les économies possibles.
Pour équilibrer la situation, le Comité propose plusieurs pistes sans en recommander une seule, y voyant les limites de son rôle, qui ne relève pas de la politique. Aller piocher dans les réserves des régimes excédentaires ne fait cependant pas partie des options proposées.
Décaler de nouveau l'âge légal est temporairement exclu
Décaler encore l'âge de liquidation est "temporairement exclu", juste après une réforme très contestée. Mais, dans une perspective de plus long terme, le Comité propose de ré-envisager "un couplage de l'âge de liquidation avec les tendances constatées de l'espérance de vie". Autrement dit, si l'espérance de vie augmente, l'âge légal de départ suit.
Soulignant qu'il n'est plus possible légalement d'augmenter le taux de cotisation vieillesse de 28%, tout nouveau relèvement devrait passer par une suppression du plafond de 2014. Donc par l'écriture d'une nouvelle loi.
Il conviendrait aussi de s'assurer que ce "relèvement soit aussi neutre que possible pour l'activité économique".
Enfin, dernière piste avancée, celle du niveau des pensions et de son indexation sur les prix, dans laquelle pourrait être engagée "une remise à plat des règles d'indexation", que ce soit concernant le taux de remplacement (pourcentage du dernier salaire perçu en pension) ou post-liquidation pour l'ensemble des pensions.
Une remise à plat qui doit être assortie "de modulations ou de garde-fous pour éviter des ajustements trop brutaux et protéger les plus petites retraites", précise le rapport.
Une proposition de sous-indexation potentiellement inflammable dans un contexte de perte de pouvoir d'achat des retraités, qui n'est pour l'instant suivie par aucun des partis politiques représentés à l'Assemblée.












