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Pour faire adopter un budget par l'Assemblée "avant fin janvier", la ministre des Comptes publics est prête "à reprendre tout depuis le début"

BFM Business P.La. avec AFP
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Alors que le projet de budget 2026 arrive dans l'hémicycle de l'Assemblée nationale mardi, après deux rejets en commission, Amélie de Montchalin promet de continuer à chercher un compromis. Elle prévient aussi que la censure du gouvernement pourrait conduire à une nouvelle dissolution.

La ministre des Comptes publics Amélie de Montchalin a déclaré dimanche 11 janvier vouloir "trouver une solution avant la fin" janvier avec les partis pour le budget 2026, tout en mettant en garde sur les conséquences d'une motion de censure.

"Nous voulons trouver une solution avant la fin du mois de janvier", a-t-elle assuré dans l'émission Dimanche en politique sur France 3, appelant à "reprendre (...) tout depuis le début" en séance plénière à l'Assemblée nationale.

Sur les discussions budgétaires, le gouvernement "cherchera dans l'hémicycle, sur chaque sujet, à faire émerger les convergences", a-t-elle développé, mentionnant les "collectivités locales" et les "dépenses d'avenir" comme deux points de friction à résoudre. Les députés ont rejeté samedi en commission le budget de l'État, au terme de 28 heures de discussions n'ayant pas permis d'y voir plus clair sur les termes d'un éventuel compromis avant l'arrivée mardi du texte dans l'hémicycle.

Le spectre d'une nouvelle dissolution

Amélie de Montchalin a aussi mis en garde sur les conséquences de l'adoption d'une motion de censure contre le gouvernement, alors que le Premier ministre Sébastien Lecornu brandit désormais clairement la menace d'une dissolution en réponse à cette éventualité.

L'Assemblée nationale devra se prononcer la semaine prochaine sur deux motions déposées par le RN et LFI, axées notamment sur l'accord de libre-échange entre l'Union européenne et le Mercosur sud-américain, sur fond de mouvement massif d'opposition des agriculteurs ces derniers jours. Une initiative qu'elle a qualifiée "d'acte politique qui n'a aucun sens" face aux problèmes du secteur.

"Est-ce que vous voyez le niveau de bêtise, de vide, c'est pitoyable", a-t-elle fustigé.

"Quand vous faites tomber un gouvernement, à l'instant où nous parlons, ça stoppe les débats budgétaires. Ça ne résout rien au Mercosur. Et oui, il y aura une dissolution", a-t-elle déploré. "Si le gouvernement tombe, c'est sûr qu'il n'y aura pas de possibilité d'avoir un budget avant les élections municipales" de mars, a averti la ministre.