L'aide publique au développement devrait s'élever à 3,7 milliards d'euros en 2026: le Sénat vote 700 millions d'euros de coupe dans ce budget

Le Sénat, dominé par une alliance entre la droite et les centristes, a voté mardi en faveur d'une réduction de 700 millions d'euros de l'aide publique au développement dans le budget 2026, une mesure qui inquiète vivement les ONG.
L'aide publique au développement (APD) a été réduite ces dernières années en France. Les coupes envisagées dans le projet de loi de finances 2026 s'élèvent à 700 millions d'euros, pour un montant alloué de 3,7 milliards d'euros. Elle devait s'élever à 3,67 milliards d'euros selon le PLF 2026 et à 4,43 milliards en autorisation d'engagement.
Fin novembre, plusieurs ONG, dont Médecins du Monde et Plan International France, avaient critiqué ce "désengagement croissant" de Paris envers la solidarité internationale.
Les sénateurs ont toutefois rejeté un amendement présenté par la commission des Finances du Sénat qui envisageait de réduire le budget de 200 millions d'euros supplémentaires. "Des coupes supplémentaires (...) entraîneraient inévitablement des conséquences substantielles", a fait valoir le ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, avec notamment "moins d'aide humanitaire" pour Gaza, l'Ukraine et le Soudan, et une perte d'influence française.
Associations de la société civile
Ils ont en revanche adopté, malgré l'avis défavorable du gouvernement, des amendements défendus par LR, le groupe radical RDSE et RDPI (Rassemblement des démocrates, progressistes et indépendants) prévoyant une réallocation de certains crédits, sans charge additionnelle, en faveur des associations de la société civile. "Les associations françaises ont dû à ce jour licencier 9.000 postes du fait des coupes précédentes. Or ces organisations humanitaires, basées sur le volontariat, constituent un canal d'exécution de l'APD efficient", ont souligné les auteurs de ces amendements.
"Ces associations et fondations françaises sont souvent les seuls opérateurs de terrain dans des zones reculées, véhiculant une image positive et solidaire de la France", ont-ils ajouté.
Les sénateurs se sont également prononcés en faveur d'une enveloppe dédiée à la lutte contre le narcotrafic et le crime organisé. Les votes effectués au Sénat ne sont pas définitifs car l'examen du budget va se poursuivre au Parlement jusqu'à la seconde moitié du mois de décembre, et les mesures pourront être à nouveau modifiées.












