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Les retraités sont finalement épargnés: il est trop tard pour transformer leur avantageux abattement fiscal de 10% en un simple forfait de 2.000 euros

BFM Business Caroline Robin
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Alors que la commission des Finances de l'Assemblée nationale a repris l'examen, en seconde lecture, du projet de loi de finances (PLF) pour 2026, le gouvernement est contraint de renoncer à la réforme de l'abattement fiscal des retraités.

On sent un soupçon d'amertume dans le discours de la ministre des Comptes publics. Invitée de RTL ce jeudi 8 janvier, Amélie de Montchalin a souligné que certaines mesures explosives du projet de loi de finances (PLF) pour 2026, de retour en commission à l'Assemblée nationale, ne pourront pas être de nouveau débattues.

"Ce n'est plus possible puisque quand on passe le 31 décembre, l'abattement sur les retraités - certains voulaient le réformer, j'en faisais partie nous avions fait une proposition en ce sens - on a plus le droit de le faire", a-t-elle déclaré.

Le gouvernement prévoyait en effet de réformer l'abattement fiscal dont profitent les retraités lors de la déclaration de revenus. Alors qu'il s'élève à 10% comme pour les actifs au titre de leurs frais professionnels, il était proposé de le transformer en un abattement forfaitaire de 2.000 euros.

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Comme l'avait souligné l'Institut des politiques publiques (IPP) dans une note diffusée l'été dernier, cette réforme aurait mécaniquement augmenté les impôts des retraités touchant plus de 20.000 euros de pensions par an.

Impossible de modifier les niches fiscales cette année

Mais "c'est trop tard" pour faire aboutir cette réforme qui, de toute manière, avait été rejetée en première lecture du PLF, confirme l'entourage d'Amélie de Montchalin.

"Si les parlementaires ont encore la main sur le barème d'imposition sur le revenu, il est impossible de modifier toutes les niches fiscales car elles sont annualisées", développe-t-on.

Dit autrement, passé le 1er janvier, et faute de budget de l'État voté dans les temps, les modifications que le PLF auraient pu apporter aux niches fiscales sont impossibles pour l'année 2026. "Cela concerne aussi le crédit d'impôt pour les services à la personne", précise-t-on, qui représente un manque à gagner de 7 milliards d'euros pour les finances publiques. Il faudra donc patienter jusqu'au prochain budget de l'État pour 2027.