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Les arnaques au virement se multiplient pendant les vacances d'été

BFM Business Timothée Talbi
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Identifiée depuis plusieurs années, l'arnaque au virement connaît une recrudescence pendant les vacances d'été qui sont propices aux échanges de coordonnées bancaires dans le cadre de locations saisonnières.

Le procédé est redoutablement simple et efficace. Depuis plusieurs années, une arnaque touche professionnels et particuliers avec des épisodes récurrents à l'approche des vacances estivales. En effet, il s'agit de la saison haute de l'année en matière de locations saisonnières. Et c'est justement dans le cadre de ce type de transactions que l'arnaque dite "au virement" s'opère. D'après les chiffres du ministère de l'Intérieur, pas moins de 300 plaintes ont été déposées pour ces faits depuis le mois d'avril avec des préjudices pouvant s'élever à plusieurs dizaines de milliers d'euros, a repéré RTL.

Pour cela, l'escroc intercepte un mail entre les deux partis dans lequel le propriétaire du bien à louer transmet son relevé d'identifiant bancaire (RIB) au locataire pour qu'il procède au paiement. Au préalable, l'escroc est souvent parvenu à pirater la boîte mail du destinataire et supprime le message de la boîte de réception avant d'en renvoyer un nouveau parfaitement identique ... à l'exception du RIB qui comporte désormais leur IBAN. Le locataire n'y voit que du feu et effectue le virement vers le compte bancaire de l'escroc.

Un délai de 24 heures crucial

Cette arnaque est particulièrement préjudiciable car les victimes, aussi bien le locataire que le propriétaire, peuvent mettre du temps à s'en rendre compte. Généralement, elles découvrent la supercherie lorsque le propriétaire du bien loué relance le locataire, n'ayant toujours pas reçu le virement.

Or si le virement a eu lieu il y a plus de 24 heures à ce moment, il est impossible d'engager une procédure de rappel de fonds auprès de l'établissement bancaire. Comme son nom l'indique, cette procédure consiste à récupérer la somme frauduleusement soustraite mais pour ce faire, deux conditions doivent être remplies: les sommes doivent encore être disponibles sur le compte des bénéficiaires et les banques de la victime et de l'escroc doivent faire partie de l’espace unique de paiement en euros, aussi appelé SEPA.

Mieux vaut prévenir que guérir

Il est donc très difficile de récupérer le montant escroqué dans le cas d'une arnaque au virement. Cependant, quelques astuces existent pour limiter le risque d'exposition à cette escroquerie. Il est tout d'abord conseillé d'éviter la communication de coordonnées bancaires par mail et de plutôt privilégier le face à face, ou en tout cas l'échange oral. Si cela n'est pas possible, il faut bien vérifier l'adresse mail de l'interlocuteur ainsi que le nom de sa banque. Enfin, il vaut mieux rester en contact permanent avec le propriétaire et lui demander confirmation du versement de la somme sur son compte dès réception de celle-ci.

Si le mal est déjà fait, il faut alors rassembler un maximum de preuves démontrant qu'il s'agit d'une arnaque. De même, il ne faut pas hésiter à investir le terrain judiciaire au plus vite par le biais d'un dépôt de plainte dont la copie est transmise à l'agence bancaire de la victime.