Le PDG de Système U constate "une extrême résistance des industriels" pour baisser les prix

Face à l'inflation alimentaire à deux chiffres, Bruno Le Maire tapait du poing sur la table ce mardi. "J'ai du mal à comprendre que les répercussions à la hausse soient immédiates et les répercussions à la baisse prennent plus de temps. Je trouve ça inacceptable et révoltant pour le consommateur", assène-t-il.
Et d'appeler tous les grands industriels à répercuter les baisses observés dans les matières première "avant l'été" grâce à de nouvelles négociations avec la distribution. Invité ce mercredi de Good Morning Business, Dominique Schelcher, PDG de Système U, est sur la même ligne et appelle lui aussi à rouvrir les négociations commerciales.
"Il faut les rouvrir de toutes urgences et au-delà de les rouvrir il faudrait arrêter cette période de 3 mois et pouvoir renégocier tout le temps comme ça se fait partout ailleurs", demande Dominique Schelcher.
"La première question des clients qui comprennent que les prix ont augmenté est "quand vont-ils baisser?" mais pour cela, nous devons pouvoir renégocier, martèle-t-il. Surtout quand les cours montent et baissent".
"Personne ne veut renégocier à part nous"
Problème, le dirigeant sent "une extrême résistance des industriels qui ne veulent pas rentrer là-dedans".
"Mais c'est totalement paradoxal, poursuit-il. L’année dernière, le 1er mars, Bruno Le Maire avait demandé de rouvrir immédiatement les négociations face à la hausse des matières premières et on l'avait fait avec 4/5 hausses acceptées. Cette année, les matières (premières, NDLR) baissent et personne ne veut renégocier à part nous".
Et d'accuser certains industriels de profiter de la situation: "je pense que l’année dernière, l’inflation était subie par tout le monde. Cette année, elle est en partie nourrie par certains acteurs, je ne dis pas tous".
Dominique Schelcher conteste également l'argument des clauses de renégociation des contrats à dates fixes mises en avant par l'industrie pour éviter de rouvrir les négociations immédiatement. "Ca ne marche pas! L'année dernière, ces clauses de renégociation n’ont pas marché. Très peu nombreux sont les fournisseurs qui jouent le jeu de ces clauses".
Et d'ajouter: "jamais comme cette année, je n'ai eu cette réponse que "mon problème c’est pas le consommateur, c’est de passer l'augmentation, le consommateur ça m'est égal".
Des baisses pas avant la rentrée
Le PDG estime que cette position est plus que risquée: "dans quelques mois, ces mêmes industriels vont revenir nous voir, nous et les confrères, pour dire; 'la panne de mes ventes est totale, qu'est-ce qu'on fait pour relancer les ventes?'".
Pour autant, même avec des renégociations, la baisse des prix ne sera pas immédiate, "soyons lucides, même si on rouvre les négociations maintenant, il se passe un à trois mois le temps que ça se répercute. Et ça ne touchera pas certains produits. On veut pouvoir réenclencher un mouvement à la baisse au moins sur certains produits car le prochain moment critique sera la rentrée".
Dominique Schelcher estime d'ailleurs que "l'inflation est durable. Il y a des petits espoirs de baisse car certaines matières premières sont à la baisse. Ne faisons pas rêver les Français, on ne reviendra pas aux prix d’avant la crise".











