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La renaissance de Doux

BFM Business Hélène Cornet avec Bfmbusiness.com
Le volailler breton Doux réalise désormais 70 % de son chiffre d'affaires à l'export

Le volailler breton Doux réalise désormais 70 % de son chiffre d'affaires à l'export - Pascal Pavani Afp

Deux ans après avoir déposé le bilan, le groupe Doux semble tiré d’affaire. Invité de BFM Business ce lundi 22 septembre, Arnaud Marion, le président du directoire, a indiqué que l'entreprise est repassée dans le vert au troisième trimestre.

C’est l’histoire de Doux, une marque mondialement connue, qui s'offre aujourd'hui une véritable renaissance industrielle. Menacé de disparition il y a deux ans, le volailler réalise aujourd'hui 80% de son chiffre d'affaires à l'international.

Une référence en Arabie Saoudite

En Arabie Saoudite, la marque Doux est aussi connue que Nutella en France précise la direction. Là bas, on raffole des saucisses au poulet : une sur deux consommée dans le pays est une saucisse Doux.

Le Breton a réussi à devenir une véritable référence au Moyen-Orient. Cette notoriété lui a d'ailleurs permis de conquérir de nouveaux marchés en Egypte et en Lybie. Résultat : la branche export sera rentable sans aides pour la première fois depuis 45 ans même si l'activité reste dépendante de la parité euro/dollar.

Revirement stratégique

Derrière ce redressement il y a un homme, Arnaud Marion nommé dès le premier jour du redressement judiciaire pour tenter un sauvetage.Invité de BFM Business ce lundi 22 septembre, il a ainsi indiqué que son groupe "est enfin en résultat d'exploitation positif au troisième trimestre", avec un chiffre d'affaires de 450 millions d'euros.

En deux ans, le président du directoire a opéré un véritable recentrage. il a décidé de fermer l'activité poulet frais. Doux ne fait plus que du poulet congelé (un demi-million de poulets sortent des usines chaque jour) ainsi que des produits transformés comme les cordons bleus Père Dodu.

Zéro subvention

La dette du groupe a été réduite de trois quart à moins de 90 millions d'euros aujourd'hui et il approche l'équilibre. Le tout sans aides financières, ni restitutions européennes alors qu'elles atteignaient 15 millions d'euros par trimestre il y a deux ans. "Pas un euro d'argent public n'a été versé à Doux", a souligné Arnaud Marion.Pour cela, il a fallu signer un nouveau pacte avec les actionnaires historiques et licencier un millier de salariés. 

Ce redressement spectaculaire dans le monde de l'agriculture a été érigé en exemple il y a quelques jours par le ministre de l'agriculture, Stéphane Le Foll. Pour Arnaud Marion Doux "Donne de l'espoir aux sociétés qui déposent le bilan, ce n'est pas une fatalité".