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Conforama écarte l'idée d'un plan social pour le moment

BFM Business Frédéric Bianchi avec AFP
Une quarantaine de magasins seront fermés en 2020.

Une quarantaine de magasins seront fermés en 2020. - Philippe Huguen - AFP

En grande difficulté, l'enseigne de meubles dément les informations selon lesquelles elle s'apprêterait à lancer un plan social. La direction envisage toutefois une stratégie de réduction des coûts.

La direction de Conforama n'a ni confirmé ni infirmé mardi aux syndicats des informations de presse faisant état, au conditionnel, d'un projet de cession de l'enseigne par son propriétaire, le groupe sud-africain Steinhoff, doublé d'un plan de restructuration, a-t-on appris mercredi de sources syndicales.

Les syndicats avaient demandé une rencontre avec la direction de l'enseigne d'ameublement après ces informations sorties dans la presse la semaine dernière, évoquant un projet de cession et de fermeture de dizaines de magasins, avec à la clé la suppression de milliers de postes. 

Conforama exploite 315 magasins, dont 224 en France où l'enseigne compte plus de 9000 salariés.

Lors de cette rencontre, qui a duré jusque tard mardi soir, les syndicats n'ont obtenu "ni confirmation ni infirmation" des projets évoqués dans la presse, a indiqué à l'AFP Aziz Boucherit (CGT). La direction a assuré "qu'à date il n'y avait aucun projet de fermeture de magasins, ni aucun projet de suppressions de postes", a relaté de son côté Eric Sabetaï (CFDT), mais elle a été "très claire", a-t-il insisté, "c'est à date".

"A date c'était hier (mardi), aujourd'hui ce n'est plus la même vérité", a abondé un autre représentant CFDT. Selon Eric Sabetaï, les dirigeants de Conforama présents - notamment son Pdg Alexandre Nodale et le directeur général Frank Deshayes - n'ont "pas commenté" les informations concernant une cession de l'enseigne par le groupe Steinhoff, englué depuis plus d'un an dans un scandale financier lié à des irrégularités comptables.

La concurrence d'Ikea et du Bon Coin

"Le maître mot des dirigeants de l'entreprise, c'est "no comment"", a raillé le représentant CGT. "On continue à croire que quelque chose se prépare, mais que ce n'est pas encore finalisé", a ajouté Aziz Boucherit, qui craint d'être "mis devant le fait accompli". Il a souligné que "ceux aux manettes, ce sont les créanciers du groupe Steinhoff" et que s'il existe un projet pour Conforama, la décision sera "prise à ce niveau".

La présence du Pdg de Conforama à la réunion de mardi "a donné de la crédibilité" au discours "rassurant" de la direction, a estimé pour sa part Eric Sabetaï, mais pour "l'avenir, on ne sait pas", a-t-il dit. CFDT comme CGT resteront "vigilantes", en attendant un comité central d'entreprise repoussé au mois d'avril.

Détenue par le sud-africain Steinhoff depuis 2011, Conforama n'est pas au mieux. Secouée par le scandale financier de sa maison mère fin 2017, victime d'une image vieillotte, concurrencée par Ikea, But, le e-commerce (12% des ventes aujourd'hui) et surtout les sites de reventes entre particuliers comme Leboncoin, l'enseigne française décroche depuis quelques années.

Les derniers chiffres connus faisaient état d'un chiffre d'affaires en quasi-stagnation (1,8 milliard d'euros au premier semestre 2018) et d'un résultats opérationnels en fort recul (-85% à 7 millions d'euros au premiers semestre 2018). Mais ça c'était sur un marché encore en croissance de 3%. Depuis la crise des gilets jaunes, les ventes de meubles se sont effondrées en France (-2,7% au final sur l'année 2018) et Conforama qui faisait déjà moins bien que le marché en a particulièrement souffert. On parle ainsi de 100 millions d'euros de pertes sur l'ensemble de l'année passée. 

La direction a prévu une stratégie de réduction de coûts pour revenir à l'équilibre sur le plan financier. Mais avec des ventes en berne, l'enseigne aura du mal à se passer d'une relance commerciale.