BFM Business

Alors que son résultat net a été plombé par une amende record en Italie, Ryanair prévoit une hausse du trafic en 2026... mais aussi des prix

BFM Business ER avec AFP
placeholder video
La compagnie irlandaise reste prudente quant à son bénéfice net annuel, qui devrait se situer entre 2,13 et 2,23 milliards d'euros. Elle prévoit en revanche, une croissance de 4% du trafic aérien en 2026, porté par la livraison de quatre derniers appareils Boeing Max 8 d'ici à février prochain, en attendant les Max 10.

Ryanair sort d'une année 2025 perturbée. Au troisième trimestre, la compagnie irlandaise à bas prix - la plus grande d'Europe en nombre de passagers transportés - a subi les conséquences d'une amende de 255 millions d'euros infligée par l'autorité italienne de la concurrence pour entrave de l'accès des agences de voyage à ses services.

Son résultat net a ainsi chuté de 80% fin décembre, pour s'établir à 30 millions d'euros contre 149 millions l'année précédente, essentiellement en raison du passage d'une provision de 85 millions d'euros correspondant au tiers de son amende.

En dehors de ce cas exceptionnel, la société enregistre cependant un recul de 22% de son bénéfice net, qui s'est établi à 115 millions d'euros, plombé par des effets de change négatifs et parce que la compagnie avait bénéficié un an plus tôt d'une indemnisation pour retard de livraison d'avions Boeing, qui avait alors gonflé le résultat.

La livraison en cours des appareils Boeing devrait rehausser les trafics

Cette sanction par l'autorité italienne de la concurrence (AGCM) concerne une entrave par Ryanair de l'accès des agences de voyage à ses services. Il s'agit d'une "amende injustifiée" qui, "nous le pensons, sera annulée en appel", a commenté lundi le directeur général Michael O'Leary dans un communiqué.

Le transporteur a normalisé ces derniers mois ses relations avec de nombreuses agences de voyage en ligne, après un conflit de longue date dans lequel il les accusait de vendre ses billets avec un surcoût. Mais pour l'AGCM italienne, la compagnie aérienne irlandaise "a mis en oeuvre une stratégie abusive" visant à complexifier l'association de vols Ryanair à d'autres services par les agences de voyage, entre avril 2023 et jusqu'à au moins avril 2025.

Concernant les retards à la livraison d'avions Boeing, la compagnie indique lundi que "la quasi-totalité" de ses avions B-8200 "Gamechangers" a été livrée. La compagnie prévoit la livraison des quatre derniers modèles Max 8 d'ici février, tandis que le Max 10, plus récent et non encore certifié, devrait intégrer la flotte de Ryanair au printemps 2027. Ces livraisons permettront à Ryanair de relever son objectif de passagers pour l'exercice 2027, le faisant passer de 215 millions à 216 millions, a-t-elle indiqué.

Lire aussi: Plombée par les retards de livraison de Boeing, Ryanair prêt à se tourner massivement vers Airbus

L'année dernière, la compagnie irlandaise met également en avant "de fortes réservations pour les vacances de la Toussaint et les fêtes de fin d'année" et a vu son chiffre d'affaires progresser de 9% au cours de son troisième trimestre, à 3,21 milliards d'euros, porté par une hausse du nombre de passagers. Elle souligne maintenir des prévisions prudentes quant à son bénéfice net annuel, hors éléments exceptionnels, qui devrait se situer entre 2,13 milliards d'euros (2,5 milliards de dollars) et 2,23 milliards d'euros.

Ryanair, qui vise 300 millions de passagers à horizon 2034, revoit en outre légèrement à la hausse sa prévision de trafic sur son exercice complet, à 208 millions de personnes, "grâce à une forte demande et à des livraisons Boeing plus rapides que prévu".

Gilles Gosselin, directeur France de Volotea - 16/01
Gilles Gosselin, directeur France de Volotea - 16/01
7:47

Des prix relevés de 1 ou 2 points cette année

Ryanair estime ainsi que le trafic aérien pour l'exercice 2026 devrait progresser de 4 % pour atteindre près de 208 millions de passagers, contre 207 millions prévus en novembre. Les tarifs devraient également augmenter de 1 à 2 points par rapport à l'année précédente, dépassant ainsi la croissance de 7%.

"Les consommateurs continuent de voyager en grand nombre, la capacité reste extrêmement limitée en Europe, et tout cela entraîne une légère hausse des tarifs aériens", a déclaré Neil Sorahan, directeur financier de Ryanair, lors d'une interview.

Ces résultats interviennent quelques jours après l'altercation entre le PDG Michael O'Leary et Elon Musk au sujet de la rentabilité du service Wi-Fi Starlink de SpaceX. Le PDG de Tesla avait alors laissé entendre qu'il pourrait achater Ryanair.

"S'il veut investir dans Ryanair, nous pensons que c'est un très bon investissement", a répondu Michael O'Leary en conférence de presse. "M. Musk est le bienvenu pour acheter des actions, mais il ne peut pas prendre le contrôle".

Un rachat est impossible en vertu des règles de l'Union européenne, qui limitent la propriété par des groupes étrangers des compagnies aériennes européennes, a fait valoir Michael O'Leary. Cette querelle en ligne, durant laquelle les deux hommes se sont mutuellement traités d'"idiots", a permis d'augmenter les réservations de 2 à 3 % en générant de la publicité pour la compagnie aérienne, a déclaré le PDG de Ryanair la semaine dernière.