BFM Business

L'Union européenne veut surveiller vos portefeuilles cryptos

BFM Business Antoine Larigaudrie édité par PA
placeholder video
L'Autorité bancaire européenne veut obliger les sociétés cryptos à fournir davantage d'informations sur les transactions de leurs clients... Y compris vers des portefeuilles cryptos dits "froids".

Dernier coup de canif à l’anonymat en matière de transactions de cryptomonnaies. L'Autorité bancaire européenne (l'EBA) a lancé vendredi une consultation publique "visant à prévenir certains transferts de cryptoactifs à des fins de blanchiment d'argent et de financement du terrorisme", peut-on lire.

Plus précisément, l'autorité veut contraindre les prestataires de services sur actifs numériques (à l'instar des bourses cryptos) à identifier systématiquement chaque opération pour stocker des cryptomonnaies sur un portefeuille froid crypto et vérifier que l’adresse crypto en question est bien conforme à celle du client.

Pour rappel, un portefeuille froid permet de conserver la clé privée d'un utilisateur hors du réseau (ordinateur, téléphone). Mais il permet aussi de réaliser des transactions pour les utilisateurs (échanges sur des plateformes décentralisées, envois de cryptomonnaies, achats de NFT) lorsqu'il est connecté à un réseau et utilisé avec l'intermédiaire de logiciels.

Anonymat bientôt terminé?

Par conséquent, l’anonymat quand on veut transférer et stocker ses cryptomonnaies hors ligne, pourrait bien être terminé en Europe. Tout pourrait être strictement identifié. Dans le même ordre d’idées, ces propositions prévoient aussi que les prestataires seront contraints d’utiliser des protocoles cryptos parfaitement transparents et intéropérables, afin de faciliter le traçage des flux.

Désormais, tout est fait pour faire coller le plus possible aux critères de transparence en usage dans la finance classique et quiconque ne pourra pas satisfaire à ces obligations ne pourra plus opérer en Europe. L'EBA a ouvert sa consultation publique jusqu'à février 2024 pour mûrir sa décision, mais il est clair que l’étau se resserre de plus en plus en matière réglementaire et risque bien de ne laisser sur le marché que les grandes plateormes agréées au vu des critères à respecter, qui vont de plus en plus vers la fin de l’anonymat.