Sanctions, quartiers concernés... Ce qu'il faut savoir sur le couvre-feu qui entre en vigueur à Nice

Mis en place jusqu'en 2009, le couvre-feu pour les mineurs fait son retour à Nice. La disposition avait été levée pendant la période du Covid-19, a rappelé le maire, Christian Estrosi, sur BFMTV.
• De 23 heures à 6 heures
Le couvre-feu démarre ce mercredi 1er mai et s'appliquera jusqu'au 31 août afin de couvrir "la période estivale et l'ensemble des points d'attroupement de toute la ville", avait indiqué la ville de Nice dans un communiqué. La mesure est en place tous les jours de 23 heures à 6 heures.
"Le fait qu'un enfant de moins de 13 ans soit chez ses parents la nuit ne devrait pas être le fruit de la volonté d'un maire. Ça devrait être le fait du bon sens des parents et de la loi", avait déclaré le maire de Nice dans ce communiqué. De son côté, Juliette Chesnel-Le Roux, élue écologiste d'opposition à Nice, dénonce "une opération de communication".
• 13 ans ou 16 ans
Plusieurs quartiers de la ville sont concernés par l'application de la mesure: le secteur Las Planas, les secteurs Ariane, Bon voyage, Pasteur, Saint Roch et Pilatte-Lorrain, le secteur Trachel gare du Sud, le secteur centre-ville et Vieux-Nice, les secteurs Madeleine, Jean Vigo et des Moulins.

Le couvre-feu s'applique dans ces secteurs pour les mineurs de moins de 13 ans qui sont sur l'espace public sans être accompagnés par un parent. À l'exception du quartier des Moulins où le couvre-feu concerne les mineurs de moins de 16 ans "au regard des enjeux particuliers du quartier", indique la ville dans son arrêté.
• Situation spécifique aux Moulins
La municipalité justifie la situation spécifique aux Moulins par un quartier qui est "en proie à un trafic de stupéfiants endémique" avec 1.000 interpellations liées au trafic de stupéfiants dont "52% des mis en cause (...) sont des personnes mineures", est-il indiqué dans l'arrêté municipal.
"Ces mineurs sont souvent embrigadés par des adultes en qualité de guetteurs ou de vendeurs, en raison de leur âge, pour les trafics de stupéfiants", poursuit la municipalité.
Toutefois, pour l'élue écologiste Juliette Chesnel-Le Roux, cette mesure "stigmatise un quartier". "Ça ne va pas régler le trafic de drogues aux Moulins et cibler un quartier pour cette tranche d'âge c'est crisper encore plus les relations entre les adolescents et la police", juge-t-elle.
• Rappel à l'ordre ou amende
En cas de non-respect du couvre-feu, tout mineur concerné "pourra être reconduit à son domicile par les forces de sécurité intérieure ayant constaté ce manquement", explique la municipalité. S’il récidive, une contravention de première classe peut s'appliquer pour un montant de 38 euros maximum.
"Ça va faire plus de travail pour mes collègues en tenue, mais également pour mes collègues en judiciaire", déplore Laurent Alcaraz, délégué départemental du syndicat de police Alliance, auprès de BFM Nice Côte d'Azur.
Le maire de Nice souhaiterait également mettre en place des stages obligatoires de parentalité en cas de récidive et que ces derniers perdent d'éventuels avantages mis à disposition par la ville.













