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"On commence à entendre des gens crier": avant le début du procès de l'attentat de Nice, Lucie témoigne

BFM Côte d’Azur Victor Labbay avec Thibault Nadal
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Lucie était présente le 14 juillet 2016 sur la Promenade des Anglais. Alors que le procès s'ouvre ce lundi à Paris, la jeune femme a accepté de raconter cette soirée qui l'a traumatisée à tout jamais.

Deux ans. C'est le temps qu'il aura fallu à Lucie avant de revenir sur la Promenade des Anglais à Nice. "On se sent un peu coupable. Moi, pendant longtemps, j'ai été coupable de me dire: pourquoi moi? Pourquoi j'ai survécu?", raconte-t-elle, devant la sculpture en hommage aux victimes, qu'elle voyait pour la toute première fois depuis les attentats du 14 juillet 2016.

Au moment des faits, Lucie a 14 ans. À la fin du feu d'artifice, la jeune fille et sa mère décident de traverser la Promenade des Anglais pour prendre une photo.

Réfugiée dans un hall immeuble

"On prend notre photo et au moment où on traverse, on commence à entendre des gens crier , courir vers nous et c'est à ce moment-là que je perds ma mère et que je me retrouve toute seule face au camion et que je le vois passer", raconte-t-elle.

Dans la cohue, Lucie et sa mère parviennent finalement à se réfugier dans un hall d'immeuble avec d'autres personnes. "On montait les étages, car on ne savait pas ce qu'il se passait. On avait vu le camion passer, mais on entendait des gens qui disaient 'il y a quelqu'un qui tire', mais c'était confus", explique la jeune femme au micro de BFM Nice Côte d'Azur.

À 14 ans, "on n'est pas censés voir des gens se faire écraser sous ses yeux", poursuit-elle, émue.

En octobre, Lucie va témoigner durant trois jours au procès à Paris. Les trois mois et demi d'audience s'annoncent comme une épreuve, mais la jeune serveuse espère des réponses et des condamnations pour les complices, présents dans le box des accusés.