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Nice: une librairie voit ses messages féministes cachés lors de la visite de Gérald Darmanin

BFM Côte d’Azur Marylène Iapichino et Pauline Renoir avec P.B.
La librairie Les Parleuses à Nice, vendredi 9 décembre 2022.

La librairie Les Parleuses à Nice, vendredi 9 décembre 2022. - librairie Les Parleuses

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Une libraire a vu ce vendredi sa vitrine recouvrir d'un panneau noir par des policiers alors qu'elle avait affiché des messages féministes lors de la visite de Gérald Darmanin à Nice.

Gérald Darmanin a-t-il fait occulter un message féministe? C'est ce que revendique une libraire niçoise lors de la visite du ministre de l'Intérieur dans la cité. Gérald Darmanin est venu ce vendredi à Nice au nouvel hôtel des polices, en présence du maire, Christian Estrosi.

Maud Poyé, co-gérante de la libraire Les Parleuses à Nice, avait autorisé le collage de plusieurs messages féministes sur sa vitrine, visible depuis l'hôpital Saint-Roch, le futur commissariat de la ville, lieu de visite de Gérald Darmanin. Ces messages -"qui sème l'impunité récolte la colère", "violeur on vous voit, victimes on vous croit"- ont été affichés par les colleuses féministes de Nice.

"Cela porte atteinte à notre liberté d'expression"

Mais à partir de 9h du matin ce vendredi la libraire a eu la surprise de voir installer des panneaux occultants devant sa vitrine. "Nous leur avons demandé si ce que nous faisions était illégal, nous n'avons pas eu de réponse, le policier a dit agir selon les ordres reçus", a-t-elle déclaré auprès de BFM Nice Côté d'Azur.

"Symboliquement c'est grave de recouvrir une vitrine de librairie juste pour un message. Nous sommes en colère, ça porte atteinte à notre liberté d'expression, nous n'avions affiché aucun propos diffamatoire" a ajouté Maud Poyé.

De son côté, la police nationale n'a pas confirmé l'intervention de ses agents.

Le ministre de l'Intérieur a été accusé de viol, harcèlement sexuel et abus de confiance avant de voir le parquet de Paris classe l'enquête en non-lieu en juillet 2022. Plusieurs associations féministes demandaient alors la démission du ministre en charge des forces de l'ordre.