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Le parc du Mercantour craint une surfréquentation cet été

BFM Côte d’Azur Laurène Rocheteau
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Le parc a mis en place des dispositifs sur place pour faciliter la cohabitation entre les randonneurs et la faune locale.

La saison estivale va bientôt commencer pour le Parc du Mercantour, site incontournable du sud de la France pour les amateurs de randonnée. Mais alors que le nombre de visiteurs continue d'augmenter depuis deux ans, le parc craint une surfréquentation pour l'été.

Depuis la fin du confinement, et le besoin de nature des Français qui étaient restés enfermés chez eux pendant deux mois, le Parc du Mercantour connait une forte augmentation de la fréquentation de ses sites. Alors que le parc avait accueilli 50.000 visiteurs sur la période estivale en 2019, la fréquentation a augmenté de 10 à 30% selon les sites en 2020.

"L'effet nature pour le grand public est une bonne chose", insiste Nathalie Siefert, cheffe du service Connaissance et Gestion du Patrimoine du Parc du Mercantour, invitée sur le plateau de BFM Côte d'Azur. "On est content que les gens aient envie d'aller en montagne, mais ça fait beaucoup de monde qu'il a fallu gérer."

Le parc connait donc des zones de "tension", notamment sur ses sites les plus fréquentés, comme la Vallée de la Gordolasque. Au-delà des difficultés logistiques, comme les problèmes de parking, cette hausse de fréquentation peut surtout avoir un impact sur la faune locale.

Faire cohabiter les humains et les animaux

À cheval sur les départements des Alpes-Maritimes et des Alpes-de-Haute-Provence, le Parc du Mercantour abrite entre autres 199 espèces d'oiseaux, et 78 espèces de mammifères. Une faune qu'il faut faire cohabiter avec les randonneurs, qui sont de plus en plus nombreux à emprunter les 550 km de sentiers du parc, et qui risquent de déranger les animaux.

"On a aussi la saisonnalité qui entraîne des choses auxquelles on ne pense pas forcément, notamment au col de la Cayolle, où certains oiseaux s'installent pour nicher. Il n'y a personne en début de saison, et puis tout d'un coup ils sont en train de nicher, et les randonneurs commencent à arriver", poursuit Nathalie Siefert.

Pour faciliter cette cohabitation entre les humains et les animaux, en particulier à l'approche de la saison estivale, le parc a mis en place plusieurs dispositifs. Des maraudeurs et des gardes-moniteurs sont notamment chargés de faire de la prévention et de la sensibilisation auprès des randonneurs.

"Les gens ne sont pas forcément au courant", explique Nathalie Siefert. "Ils sont sur un parc naturel, ils vont pique-niquer, ils se promènent (...) et ils ne s'imaginent pas forcément qu'il y a un oiseau totalement mimétique qu'ils ne verront pas, qu'il y a peut-être une mère avec ses poussins."

Le parc recommande avant tout aux randonneurs de rester sur les sentiers afin de ne pas risquer de déranger les animaux, même si sortir des chemins n'est techniquement pas interdit, sauf sur le site de la Vallée des Merveilles, classée monument historique.

Des comportements à éviter

Nathalie Siefert rappelle également des gestes importants, comme le fait de ne pas s'approcher des animaux pour les prendre en photo. "Aller faire la photo le plus près possible, c'est vraiment un problème pour ces animaux, et ça on le voit encore très, très souvent."

Malgré tout, Nathalie Siefert remarque toutefois une amélioration sur d'autres aspects, comme la propreté des randonneurs, qui ne laissent plus leurs déchets dans le parc: "Les gardes qui sont là depuis quarante ans ont vu une progression par rapport aux ordures."

Le Parc du Mercantour se bat également contre la pollution lumineuse, qui perturbe les animaux noctures, comme les chauves-souris.