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Lampedusa: Charles Ange Ginésy "pas rassuré" par les propos d'Emmanuel Macron

BFM Côte d’Azur Juliette Moreau Alvarez
Des policiers ont été déployés à Menton pour faire face au risque d'afflux de migrants dans les prochains jours.

Des policiers ont été déployés à Menton pour faire face au risque d'afflux de migrants dans les prochains jours. - RMC

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Le président des Alpes-Maritimes estime que l'État doit agir dans la gestion des mineurs isolés et arrêter de "subtilement déléguer" cette responsabilité aux départements.

La France "ne peut pas accueillir toute la misère du monde" a lancé ce dimanche Emmanuel Macron lors de son interview aux 20h de TF1 et France 2, partisan d'une réponse européenne à la vague migratoire que connaît l'Île de Lampedusa et le sud de la France.

Pourtant, Charles Ange Ginésy, président du département des Alpes-Maritimes, territoire de transit pour les migrants de l'Italie vers la France, se veut peu rassuré par ce discours qu'il juge ambigu.

"Je n'ai pas compris la politique proposée"

Si le chef de l'État n'a eu de cesse de plaider pour une responsabilité européenne et étatique, il a aussi assuré être aux côtés des départements. "L'État est à leur soutien et continuera de l'être, je veux ici leur dire." Une phrase qui a soulevé la réserve du président départemental.

"Si ce mouvement migratoire massif est de la responsabilité de l'État et de l'Europe, je ne suis pas rassuré d'entendre que le président de la République soutiendra les départements", souligne Charles Ange Ginésy sur X (anciennement Twitter).

L'homme politique craint que les départements, qui gèrent notamment l'accueil des mineurs isolés, continuent à faire face à l'afflux migratoire seuls.

"J’attends l’inverse d’un président de la République responsable, c’est aux départements à soutenir l’État, pas le contraire", continue-t-il. "Le président délègue subtilement aux départements une responsabilité qui est la sienne."

La gestion des mineurs isolés devrait être à la charge de l'État estime Charles Ange Ginésy. Pour lui, l'État utilise encore et toujours le "prétexte de l’aide sociale à l’enfance qui n’a pas été mise en place pour faire face au déferlement migratoire actuel".

Les Français font leur part selon Emmanuel Macron

De son côté Emmanuel Macron estime que les Français font "leur part" et veut pouvoir créer un partenariat entre l'Union européenne et les pays d'origine des migrants pour pouvoir mieux gérer les mouvements de populations.

Une coopération sur le modèle franco-britannique qui serait voué à mener la politique migratoire européenne depuis la source.

Pas assez clair pour Charles Ange Ginésy, qui ne comprend pas la politique proposée. "Si c'est une responsabilité européenne, qu'attend-on de l'Europe?", demande-t-il. La semaine dernière, le président avait déjà appelé l'État a "assumé son rôle" et "ses compétences régaliennes" dans un courrier adressé à Emmanuel Macron.