"La situation est tendue": comment la Verrerie de Biot s'adapte à l'explosion de ses factures d'énergie

Les mots de Jean-Pierre Dermit sont alarmants. Le maire de Biot (Alpes-Maritimes) a lancé ce vendredi matin à un appel au gouvernement pour sauver la verrerie locale, décrivant sur l'antenne de France Bleu "une filière en grande difficulté" face à l'explosion des prix de l'énergie.
Invitée de la matinale de BFM Nice Côte d'Azur, Anne Lechaczynski, la directrice de la Verrerie de Biot, a tenu à tempérer ces propos. "Le tableau peut être beaucoup plus noir pour eux que pour nous", rassure-t-elle.
Pour autant, l'intéressée reconnaît que "la situation est tendue" dans cette entreprise, qui a abandonné le gaz au profit du tout électrique voilà plus de dix ans. "C'est assez angoissant en ce moment de se dire, au mois de février, le jour où mes contrats tombent, quel va être mon prix."

Des négociations avec les fournisseurs en cours
Actuellement engagée dans d'"âpres négociations" avec ses fournisseurs d'énergie, Anne Lechaczynski s'expose à une multiplication par trois des montants figurant au bas de ses factures d'électricité.
Mais alors, comment financer ces surcoûts? "Les économies, on les fera en interne. On rognera sur notre marge, assure la patronne de la Verrerie de Biot. (...) On prendra dans les économies qu'on a mises de côté. On a fait une bonne saison."
L'intéressée exclut toute répercussion sur sa clientèle. "On a déjà augmenté les prix, puisque l'électricité a déjà augmenté en février pour nous. Il arrive un moment où vous avez des prix qui sont plafond", explicite-t-elle. Et rejette tout recours au chômage partiel: "On a besoin de tout notre personnel, qui est formé, et qui est vraiment très performant".
"J'ai bon espoir"
Pour Anne Lechaczynski, il n'est enfin pas envisageable de fermer des fours -comme ont pu le faire des verreries comme Duralex- pour réaliser des économies. Elle développe: "Diminuer nos fours avec moins d'électricité, ça veut dire diminuer notre température, ça veut dire s'arrêter de travailler pour un moment. Mais on ne va gagner pas grand-chose (sic) et on risque d'endommager notre outil de travail".
Quant aux aides de l'État, "pour l'instant, c'est assez flou". La directrice de la verrerie affirme qu'elle prendra le temps de regarder lesquelles sont les plus adaptées à la situation de son entreprise.
Quoi qu'il en soit, Anne Lechaczynski ne semble pas s'inquiéter outre mesure. "J'ai bon espoir parce que, finalement, on s'est sorti du Covid, on s'est sorti des inondations avant, rembobine-t-elle. Je me dis que c'est encore une bataille à mener. J'ai la chance d'avoir une mairie qui me soutient."













